Elle s’appelait Ajayeb…

Elle s’appelait Ajayeb

Elle s’appelait Ajayeb et comme tous les grands champions, elle était généreuse.

Elle s’appelait Ajayeb et cette générosité hors-norme et ses capacités physiques exceptionnelles l’ont emmené vers la mort.

Aujourd’hui l’amoureuse des chevaux, la cavalière amateur que je suis, pleure à nouveau la perte d’un cheval sur une piste d’endurance.

La semaine dernière, je vous écrivais sur ce même blog la joie que j’éprouvais à l’idée de suivre les Championnats du Monde d’endurance. Cette discipline que je découvre avec ma jument. Cette discipline qui me fait vibrer. Cette discipline qui me fait chialer à chaque passage de ligne d’arrivée. Cette discipline qui me permet de construire une formidable relation avec ma partenaire. Cette discipline que j’admire et qui me fait grandir. Cette discipline qui me fait me remettre en question. Cette discipline qui, par ses pratiques déviantes, me fout la gerbe.

Ajayeb, la victime d’une discipline qui n’est pas l’endurance !

Ajayeb, vous en avez peut-être entendue parler ce week-end : c’est le nom de la jument qui a été euthanasiée sur la piste des Championnats du Monde d’endurance de Samorin. La raison évoquée ? Une fracture de fatigue au niveau du canon.

Cette même jument avait fait parler d’elle il y a un an : même date, même endroit : elle était sacrée Championne d’Europe d’endurance avec Jaume Punti, un cavalier espagnol.

Ajayeb et Punti - Horse-Connect

Ajayeb et son cavalier d’alors, Jaume Punti, médaille d’or aux Championnat d’ Europe d’endurance à Samorin (2015)

 

Puis changement de drapeau.

Un nouveau cavalier, des courses de 120 et 160 km qui s’enchainent rapidement. Des vitesses qui augmentent. L’accident.

Non, Ajayeb n’est pas la victime de l’endurance. Elle est la victime d’hommes qui ne sont pas des hommes de chevaux. Elle est la victime d’hommes qui prennent ce noble animal pour un objet mécanique. Toujours plus loin, toujours vite. Allez, on y va. La course folle à l’égo.

Non, l’endurance ce n’est pas ça ! L’endurance, c’est emmener son cheval le plus loin possible dans les meilleurs conditions. C’est ne faire « qu’un » avec son partenaire, c’est être à son écoute, c’est être capable de déchiffrer ses messages subtiles. C’est la capacité d’un cheval à mettre toute sa générosité au service sportif de son cavalier. Alors bien sûr, comme toute discipline sportive, l’endurance demande du sérieux, de l’abnégation. L’endurance, comme dans toute progression sportive, est parfois synonyme de douleur. Le passage d’un cap physique se fait dans la douleur. Mais conscient de ce fait, le cavalier a pour obligation absolue d’offrir au cheval l’attention et tous les soins nécessaires pour conserver son intégrité physique.

Mais que faire quand l’éthique ne fait pas parti de l’éducation d’un homme ?

Sur certaines publications relatives à ce drame, j’ai pu constater une haine envers les éleveurs qui vendent des chevaux à ces hommes, envers les cavaliers eux-même, envers l’organisation de la course, envers les vétérinaires présents, envers la Fédération Internationale.

Moi, de mon humble statut d’amateur, je n’ai qu’une seule chose à dire : quand est-ce que cette boucherie s’arrêtera ? Bien entendu, un accident, dans n’importe quelle discipline peut arriver. Mais là, peut-on encore parler d’accident ?

Quid des vétérinaires présents sur place ? Quelles seront les réactions de la FEI ? Va t-on enfin voir les choses bouger ? Va t-on ENFIN assister à une prise de mesures pérennes, suivies et surtout respectées dans le temps ?

 

Au revoir Ajayeb. Merci de nous avoir fait autant rêvé.

J’espère que là où tu es, tu pourras galoper tranquillement dans les prairies éternelles du paradis.

 

 

11 commentaires sur “Elle s’appelait Ajayeb…

  1. Loulou

    Juste un gros chagrin une fois de plus dans le milieu du cheval… je n’aime plus regarder nos championna… jai le coeur qui hurle a la mort quand j entends l inattention des cavalier, et quand en plus on sais qu’on veut transmettre aux enfant cette passion, vaux mieux pas le faire si cest pour blesser tuer des chevaux…bonjour l exemple cest une honte…

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  2. Marylou D. (@Criniere_Blonde)

    Tellement triste… Cette discipline continue d’être salie encore et encore par des hommes qui sont tout sauf des passionnés (à part de la gloire). La FEI doit sévir, il faut trouver un moyen d’encadrer ces dérives qui coûtent chers en vies !

    En tout cas, bel hommage.

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  3. CONRAD Michèle

    Je découvre le cas d’AJAYEB et d’autres apparemment ne connaissant pas le monde du cheval dont les courses d’endurance, l’espèce humaine est championne dans la catégorie de l’horreur absolue, comment empêcher maltraitance et sadisme et cruauté aussi inouie. Les chevaux sont si beaux, si nobles et si mystérieux dans leur regard.
    J’ai remarqué que le cheval « gagnant » de ce jour là portait le N° 71 alors qu’AJAYEB portait le N° 17. 71 est 17 à l’envers et je n’ai pû m’empêcher de penser que c’était la dernière révérence rendue par les autres concurrents encore en vie et dans quel état…. à AJAYEB devenue symbole comme d’autres hélas de ce qu’est capable de faire l’espèce humaine.

    Pour ma part j’ai honte d’appartenir à cette même espèce humaine capable de tant de cruauté envers animaux de toutes espèces.

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  4. ag

    http://www.monchevalmedit.com/2016/09/championnats-du-monde-dendurance-le.html?showComment=1525050798682#c7737188778083232338

    http://www.grandprix-replay.com/new/9547/-pas-de-faute-apres-la-perte-du-cadavre-dun-cheval

    endurance de merde!

    ben tiens, conflit d’intérêt, of course! ça je savais! Comment la nana du cheik qui est proprio des chevaux d’endurance peut-elle être à la présidence de la fédé???!!!!

    http://www.lemonde.fr/sport/article/2014/12/14/equitation-la-princesse-haya-cede-les-renes-a-ingmar-de-vos_4540330_3242.html

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