Bien-être quand tu nous tiens… par Gerbert Rambaud

Chers lecteurs,

Alors que j’ai passé mon dimanche en mode « loque humaine » sur mon canapé (le genre de dimanche durant lequel, même tendre le bras pour attraper la télécommande est de trop !), je suis tombée sur cette chronique de Gerbert Rambaud parue dans le magazine Jour de Cheval de Décembre 2017.

Je la partage avec vous car, je suis certaine que vous et moi, nous avons un seul objectif : le bien être de nos équidés.

J’espère que vous apprécierez cette petite réflexion !

Pas une semaine ne se passe sans que l’on parle du bien-être animal, notamment équin. Il y a quelques jours, le Figaro s’en ouvrait à l’occasion des -excellentes- 16ème Rencontre du Haras de la Cense et de l’intervention remarquée de Luc Ferry. France Galop s’est fendu d’un petit film sur ce sujet, tandis que Le Trot est sur le point d’inscrire en toutes lettres cette notion dans son règlement….

Qu’on ne se méprenne pas sur le sens de mes propos. Qu’on n’aille surtout pas croire que je m’insurge contre le bien-être animal, bien au contraire : c’est une question qui n’est pas négociable. Ce qui me dérange, ce sont ses dérives, ses outrances. En effet, point n’est besoin d’être grand clerc pour constater que, désormais, tout citoyen a pour impérieux devoir de se prononcer en faveur de l’animal – quitte à sombrer dans une certaine forme de surenchère dont l’antihumanisme larvé reste, à ce jour, l’expression la plus aboutie.

Grâce aux sciences modernes et notamment à l’éthologie, d’aucuns semblent découvrir – le mot a son importance – que les « bêtes » sont pour une large part pourvues d’intelligence, de sensibilité, qu’elles sont capables d’émotion voire d’empathie – et qu’en conséquence, notre attitude à leur égard doit être intégralement repensée, afin d’établir entre hommes et animaux des rapports plus « horizontaux », fondés sur une compréhension et un respect idéalement…. mutuels.

Naturellement, le monde du cheval n’est pas épargné par ce virage philosophique qui n’est, à la vérité, nouveau qu’en apparence. N’importe quel cavalier un peu attentif sait que le cheval qu’il monte fonctionne évidemment au diapason de certaines émotions, et que l’exercice de la contrainte, au moment du débourrage, du dressage, suppose lucidité, mesure, connaissance intime du caractère de l’animal. Alors que se cache t-il en réalité derrière cette obsession du bien-être animal passé au crible de l’approche scientifique ? En réalité : la structuration progressive du discours animaliste le plus radical. Lorsque l’éthologie et les sciences modernes seront dominées par les partisans des rapports hommes-animaux, de l’égalité parfaite – et cela viendra-, lorsque la science, en somme, aura théorisé la dignité intrinsèque de l’animal en la calquant sur celle de l’homme – il ne sera plus question d’utiliser ni chiens ni chevaux, ni le moindre être non-humain, comme l’Homme le fait depuis l’aube de l’humanité. Sans réponse forte, l’obsession du bien-être animal aura pour conséquence, inéluctable et paradoxale, de briser tous les liens qui unissent, encore mystérieusement, l’Homme et l’Animal.

 

Texte intégral d’une chronique de Gerbert Rambaud parue dans Jours de Cheval, Décembre 2017

 

2 commentaires sur “Bien-être quand tu nous tiens… par Gerbert Rambaud

  1. Anne

    Voilà une réflexion censée autour du bien être animal, et de ces dérives, car même dans ce domaine, il y a des intégristes!! En effet, il serait dommage, de ne plus monter à cheval, sous prétexte d’égalité entre l’homme et l’animal, personnellement, je préfère le terme complicité…toutes formes d’extrémisme est préjudiciable.

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