Cavaliers : et si on apprenait à gérer notre fatigue ?

LA FATIGUE

Il y a quelques semaines de ça, la Cavalcade des Blogs se posait la question « faire une pause dans son équitation : est-ce bénéfique ? » Du point de vue de mon expérience personnelle, la pause m’a toujours été « imposé » par des évènements externes :

  • les études durant lesquelles je n’avais ni le temps, ni les moyens financiers;
  • la blessure de Mini-Morue qui nous a mis à pied pendant 6 mois;

On s’occupe toujours de mesurer l’état physique et mental de notre monture. Pour rien au monde, si on le sent fatigué, nous lui demanderons d’être à 100% avec nous. Mais quid du nôtre ? On s’occupe de notre propre état de fatigue ? Il y a deux semaines, je me suis retrouvée face à une situation complètement inédite : mon corps m’a complètement lâché. Pendant une semaine, j’ai juste été incapable de monter. Hein ? Quoi ? Was passieeeert ? La fatigue ?

 

1ère étape : La fatigue? Mais non ! (Bonjour le déni!)

Tous les jours de la semaine, je passe voir ma jument. Tous les jours de la semaine (ou presque), je monte. Comme vous le savez, je suis en pleine transition : au revoir le classique, bonjour l’équitation américaine. Je recommence à zéro. La philosophie, la position. Tout. Comme vous le savez aussi, je voudrais reprendre l’endurance en 2018. Mais je ne veux pas le faire au prix de la santé de Morue donc on muscle et surtout, on assouplis centimètre par centimètre. Nos séances en carrière sont difficiles. Pourtant, Mini-Morue y met du sien mais de mon côté, la vache que c’est chaud. Alors forcément, on essaye de penser à tout. On intellectualise la situation (non, en fait, on se monte la bourriche). Et puis surtout, on se dit qu’en montant tous les jours, on devrait bien y arriver un jour.

Et ben pourtant, il y a deux semaines, mon corps m’a complètement lâché. Il m’a pourtant envoyé quelques signes : un tour de trot et je soufflais déjà. Monter la côte du pré ? Ahaha grosse blague : arrivée en haut, je soufflais comme un bœuf et je voyais des étoiles. Le top je vous le dis ! Et vous savez quoi ? Comme j’ai une part de fierté mal placée (oui… ça fait mal !), et ben je me suis dis que j’allais monter quand même.

 

LA MEILLEURE IDÉE QUE J’AI EU DEPUIS LONGTEMPS !

Non, soyons sérieux. A votre avis, comment ma séance s’est-elle passée ? Et bien je vous le donne en mille : catastrophique. Aucun équilibre, aucun souffle, aucune coordination des mouvements. Comme dirait quelqu’un que je connais : à la limite du suicide équestre. Oui, rien que ça.

On fait quoi dans ces cas là ? Et ben on descend. Point. Terminé. Et on chiale un coup. De colère contre soi-même, de tristesse et d’exaspération. Bref, c’est la tempête.

Fatigue - Horse-ConnectLe fail, c’était moi 🙂

Copyrigt : Sara Amrhein – Girl in Florence

2ème étape : on s’en veut beaucoup !

Dans la famille « salut, j’aime me flageller », je pense que je suis plutôt bien située. Non seulement je me suis rendue compte que je n’arrivais même plus à pratiquer ma passion mais en plus, je m’en suis voulue de m’en vouloir. Vous voyez le schilblik ? Du grand n’importe quoi.

Mais pourquoi s’en vouloir me direz-vous ? Alors, c’est facile :

  • On s’en veut car on n’y arrive pas (et pourtant, on y met du cœur !) ;
  • On s’en veut car en faisant de la m**** on casse le boulot bien fait précédemment ;
  • On s’en veut car on se dit qu’on ne bosse pas et comme on ne bosse pas et bien on ne va pas progresser;

Oui, tout ça. Juste pour un sentiment de fatigue.

#Jevousavaisprevenu 🙂

Reflexion - Horse-Connect

Trop de réflexion tue la réflexion ! Copyright Spreadshirt

3ème étape : on écoute les (bons) conseils et on lâche l’affaire

Quand votre corps ne suit plus, il n’y a clairement pas 36 solutions : on le met au repos. On met pied à terre, on prend un peu de temps pour soi et surtout, on recharge ses batteries avec des vitamines si c’est nécessaire. A vous le Bion 3 et les Kiwi plein de vitamines. Ah oui … et on dort aussi !

Kiwi - Horse-Connect

MiamMiam Bio 3 - Horse-ConnectOn sort les grands moyens !

Plus sérieusement, cette petite semaine de off m’a rappelé une chose essentielle : je ne suis pas une machine. Oui, malgré tout mon amour pour ce magnifique sport qu’est l’équitation, malgré toute ma motivation à vouloir atteindre mes objectifs, quand je ne peux plus, je ne peux plus. Avec moi, pas demi-mesure : quand c’est moche, et ben c’est vraiment moche. Avoir des objectifs sportifs, c’est génial : ça pousse à se donner encore un peu plus. Mais comme je suis la première à le rappeler, nous sommes des amateurs… on ne joue pas de palmarès. Je crois que tête dans le guidon, j’avais complètement oublié cette donnée qui est pourtant… LA PLUS IMPORTANTE. Alors soufflons si notre corps nous le demande.

Et après une semaine de repos…

J’ai retrouvé avec grand bonheur (et petite appréhension) ma Mini-Morue. Une Mini-Morue fraiche et joueuse, prête à taquiner mon équilibre. Le Pur-Sang n’est pas bien loin et ce, pour mon plus grand plaisir finalement. Comme par magie, mon corps a retrouvé sa place en selle. Le trot enlevé qui me paraissait infaisable passe bien mieux cette semaine. Dans mon esprit, les conseils défilent un par un : « on se décontracte », « définir les bonnes exigences », « on arrête de réfléchir et on ressent », « demande pour de vrai, sans bricoler » et j’en passe. Comme par magie, Mini-Morue et moi avons passé moment agréable en carrière. Oui, c’est possible. Wouhou !

Depuis cette petite pause, les progrès se font nettement sentir : j’ai enfin compris ce que cela voulait dire de monter « décontracté ». J’ai relevé un premier défi : pouvoir galoper tout en tenant une discussion. Pour vous, c’est peut-être normal mais pour moi… non de diou quelle révélation ! J’ai enfin trouvé le petit truc qui me permet de ne pas être en apnée lorsque je suis en carrière. Affaire à suivre.

***

Le petit mot de la fin…

Et comme le hasard fait bien les choses, je suis tombée sur une petite réflexion de Pierre Beaupère qui a fait mouche pile au moment ou j’ai commencé à rédiger cet article ! Je vous la partage car elle pourra peut-être vous aidez à passer un cap difficile… celui que nous rencontrons tous !

Ces moments merveilleux et si propres à l’équitation… où rien ne va! Rien ne fonctionne, où il n’y plus de communication, plus de finesse, plus d’harmonie, et où tout ce qui nous semblait si facile une semaine plus tôt nous semble abominablement mal effectué, mal demandé et tellement compliqué…

Même si je sais que ce sera désagréable, une part de moi se réjouit d’arriver dans cette phase, car je sais que je vais progresser et faire un bond en avant.

Cette sensation que plus rien ne fonctionne, que nous n’avons plus rien auquel nous raccrocher, diminue fortement la valeur de nos habitudes.

Et grâce à cela, elle nous donne l’énergie de les changer et d’évoluer. »

Pierre Beaupère.

 

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