Le statut du cheval réformé : vérité ou légende ?

LE CHEVAL RÉFORMÉ

A mon grand malheur, le cheval réformé des courses, qu’il soit Trotteur, AQPS ou Pur-Sang est souvent déconsidéré : cheval sans valeur financière, cheval non performant, rebu de service, simple steak sur pattes.

Une question : la réforme d’un cheval pour une discipline induit-elle une réforme globale ? Induit-elle une non-capacité à être … un cheval au sens « animal » du terme ? Le réformé des courses ne peut-il pas aussi être un athlète en construction au même titre que des races dites de « selle » et que l’on achète un bras et un rein ?

La mauvaise image du cheval réformé :

Commençons par le commencement : ce n’est pas une légende, le cheval réformé est sous évalué… je dirais même plus, complètement dévalué. Rares sont les cavaliers amateurs qui, lorsqu’ils choisissent d’acquérir un cheval, décident de se tourner vers ce type de profil. Mais pourquoi ?

Voici quelques stéréotypes  :

Le cheval réformé, ce fou furieux :

Oui, le cheval réformé a l’image d’un grand taré dans sa tête, complètement cramé par l’avoine. Que dire ? N’en faisons pas une généralité. Je connais des bons SF qui sont beaucoup plus pétés dans leur tête que ma jument… qui est une réformée des courses de plat.

Ce qui fait la différence ?

  • Le caractère de base du cheval : comme pour les Humains, ils ne sont pas tous égaux;
  • Le niveau du cavalier : le cavalier doit être capable de lui donner un nouveau cadre et de fixer des règles;
  • Les conditions de vie : au box 22/24h ou  libre de se dépenser à son rythme;

Le cheval réformé, ce bon à rien :

Ah, celle-là, c’est ma préférée. En général, sur le visage de l’interlocuteur se dessine un petit air de dégoût (il ne manquerait plus que le petit doigt levé). Que dire ? Si tu es nul(le) en math, est-ce que tu apprécierais qu’on dise que tu es bon(ne) à rien ? Et bien pour le cheval réformé, c’est la même chose : parce qu’il ne rentrait pas dans les critères des courses, il ne pourrait pas te faire plaisir sur des barres, un carré de dressage ou dans des disciplines d’extérieur ? Laissez-moi rire (jaune). Un vieux sage disait « il n’y a que des mauvais cavaliers ». Je vous laisse philosopher dessus.

Le cheval réformé, ce cheval cassé :

Encore une fois, ne faisons pas des généralités : oui, il existe des écuries de course qui cassent du quadrupède. Comme partout et c’est aussi valable chez les amateurs. On en parle de la maladie du lundi invisible parce que Pompom est au pré ? Heureusement, il existe aussi des écuries qui prennent soin de leurs athlètes et qui décident, parce que le cheval montre malgré l’entrainement qu’il n’a pas les moyens, de le réformer avant que son physique/mental ne casse.

 

Bon, alors, c’est quoi la vérité à propos du cheval réformé ?

La vérité ? C’est que ce sont des chevaux fantastiques, au cœur énorme mais difficile d’approche par leur sensibilité et leur passé hors du commun. Je suis intimement persuadée qu’un cheval réformé des courses proprement (net et sans vice) est un excellent investissement pour tout cavalier qui souhaite progresser dans son équitation. Regardez les trotteurs en endurance ou en TREC. Ils brillent régulièrement jusqu’en 90 km VI ! De même pour l’AQPS dans lesquels on trouve souvent de l’Anglo-Arabe ! Et que dire de ces Pur-Sangs qui sautent ou qui dressent aussi bien qu’un autre cheval plus typé « selle » ? Sans parler de leur reconversion en Horse-Ball. Alors bien-sûr, si vous souhaitez passer la vitesse au-dessus, il faudra certainement vous orienter vers un cheval « né pour ça » (et encore, le papier ne fait pas tout…). Un Pur-Sang anglais ira de façon très exceptionnelle au-dessus de 90 km en endurance. Comparez le métabolisme d’un PS Anglais et celui d’un Arabe. Rien à voir. Idem dans la typologie des fibres musculaires : l’un est fait pour courir vite mais pas longtemps… l’autre pour courir à une vitesse moyenne mais longtemps.  Une stratégie d’entrainement gagnante peut orienter un physique… mais ne peut pas le modifier en profondeur. Mais croyez-moi sur parole, pour atteindre le niveau pour courir sur 90km, il faut déjà un certain nombre d’heures au compteur.

Ma défunte grand-mère me disait toujours « avant de vouloir conduite une Porsche, apprend déjà à conduire ta 206 » (oui, mot pour mot…). Et bien il en va de même pour son cheval. Personnellement, je me suis toujours dis qu’avant de piloter un Pur-Sang Arabe d’endurance, Mini-Morue aura fait mon éducation de cavalière.

Alors, êtes-vous prêts à tenter l’aventure avec un réformé des courses au grand cœur ?

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