Evènements Equestres

Découverte du tri du bétail !

Le week-end dernier, j’ai abandonné les pistes d’endurance pour me frotter à une nouvelle discipline complètement inconnue : le tri du bétail !

En un mot : une expérience fantastique !

Laissez tomber le pantalon d’équitation pour un jean confortable. Prêts ? Je vous emmène avec moi dans un autre univers : celui de l’équitation de travail !

Le tri du bétail : mais quelle idée !

Plus jeune, j’étais complètement fan de Perlofet, le réformé des courses de plat qui était mis à l’honneur dans le magazine Cheval Pratique. Travaillé par Manuel Godin du Haras de la Cense, j’étais admirative de sa polyvalence. A l’époque, déjà propriétaire de Mini-Morue, je me disais « mon dieu, tant de choses qui me paraissent inaccessibles ». Les années ont passé. Avec Mini-Morue nous avons traversé des épreuves, nous sommes passées par plusieurs remises en question et surtout, nous avons fait des rencontres.

Jamais, sans une rencontre, je me serais posée la question de l’initiation au tri du bétail. L’équitation de travail est quelque chose de totalement inconnue à ma culture équestre. Devant la possibilité de cette nouvelle expérience, je me suis dis « pourquoi pas ? » Mais derrière ce « pourquoi pas ? » se cachait une énorme appréhension. Sortir de sa zone de confort. Se confronter à un monde / une culture totalement inconnu. Gérer ma jument. Elle a un top caractère mais reste pur-sang. Comment allait-elle réagir face aux vaches ?

img_1187J’ai laissé tomber mon pantalon d’équitation pour un jean confortable afin de me fondre dans le paysage 😉

Initiation au tri du bétail : mon retour d’expérience.

Un beau dimanche matin en Seine-Maritime !

Dimanche matin. Grand soleil sur la Seine-Maritime. Les températures ont prévu de grimper rapidement. En allant chercher Mini-Morue dans son box, je remarque qu’elle est en grande forme. Le genre de grande forme que je n’apprécie pas : queue en panache, trottine à mes côtés, me file un petit coup d’épaule au passage. Ça fait des mois que je ne l’ai pas connu dans cet état d’excitation. Est-ce que c’est la première sortie de l’année qui l’a rend excitée ? Est-elle stressée ? Mon anxiété face à la situation ne l’aide pas. Le temps de la préparer, j’essaye de respirer et de me calmer. Nous sommes prêtes, c’est parti. Je rentre dans l’immense carrière de l’écurie. L’ensemble des cavaliers sont déjà dans une phase avancée de la détente. Ça galope dans tous les sens, ça accélère, ça stoppe juste à côté de nous. Je sens la jument qui se transforme doucement mais surement en danseuse. Je me décide de la mettre rapidement au travail pour ne pas perdre le contrôle. Nous galopons tranquillement sur plusieurs tours de carrière puis je remonte petit à petit sur mes rênes. L’objectif est d’obtenir un cheval qui soit parfaitement sous mes ordres. Je serre les doigts, elle cède. J’avance mes mains, elle accélère. Je me rassois et elle s’arrête. Pas mal du tout. Quelques transitions et quelques déplacements latéraux pour vérifier la mobilité. On y est. Départ pour l’enclos des vaches.

17807204_10155187951406649_5997211451053267087_oPetite détente au galop – Copyright Vexin Western Farm

Première rencontre bovine

N’ayant jamais pratiqué le tri du bétail, Bastien Bourgeois, le cavalier qui nous accueille pour la journée, m’invite à le suivre pour s’approcher du troupeau. En remontant le long de la colline, Mini-Morue galope sur place. Je fais comme je peux pour la contenir. Beaucoup de chuchotements et de caresses. Je veux lui montrer que tout est sous contrôle. Nous approchons des vaches. Elles sont toutes jeunes, ne connaissent pas vraiment l’humain et surtout, n’ont jamais vu de chevaux de leur vie. Je crois, en toute honnêteté qu’elles sont encore plus intimidées que moi. Bastien m’explique que l’objectif de cette approche est multiple :

  • me donner confiance (aurait-il perçu ma pointe de stress ? 🙂 )
  • montrer à la jument que tout est ok;
  • donner confiance aux vaches tout en imposant notre présence;

img_1205Nos copines de la journée !

Cette première approche est très importante. C’est là qu’on détermine la future relation que nous allons avoir avec nos copines de la journée.
A ma très grande surprise, Mini-Morue ne montre pas plus de stress que ça. Elle est curieuse, les regarde avec des grands yeux. Petit à petit, nous mettons un peu de pression au troupeau pour commencer à le bouger vers la sortie du pré. Bastien m’explique que mon placement par rapport au troupeau est hyper important. En gros, je dois me déplacer comme je le ferai à pied : montrer le chemin, ne jamais fermer le passage et surtout, savoir gérer « la pression » que l’on met au troupeau. Deux mots d’ordre : pas trop vite et pas trop proche.

Je commence à me prendre au jeu … et la jument aussi.

17855390_10155187952961649_2722661749100074579_o1er contact – Copyright Vexin Western Farm

 

Début des hostilités dans la grande carrière.

Exercice n°1 : cerclage du troupeau

Ça y est, nous y sommes. Une quinzaine de vaches nous attendent en troupeau. Le premier exercice consiste à former un cercle autour du troupeau. D’abord un cercle assez large puis, petit à petit, on se rapproche de plus en plus. Mini-Morue est un petit peu impressionnée lorsque l’on ressert le cercle mais rien de dramatique. Elle se cale très rapidement sur les autres chevaux.

17834783_10155187955896649_5964159066216697486_oEt hop, tous en cercle autour du troupeau ! Copyright photo – Vexin Western Farm

Exercice n°2 : faire rentrer les vaches dans le tunnel afin de les numéroter.

Par groupe de 5 cavaliers, nous sortons 3 vaches du troupeau afin de les diriger vers le tunnel. L’objectif est de pouvoir les numéroter pour les futurs exercices. Bah vous savez quoi ? Une vache ça a vachement de caractère ! Je me souviens d’une d’entre elle (la 2774 pour être précise) qui nous a sacrément donné du fil à retordre.

La difficulté était multiple :

  • les emmener vers le tunnel
  • les empêcher de retourner au troupeau (ce qui arrive souvent)
  • ressortir les mêmes vaches du troupeau
  • séparer les vaches numérotées… de celles qui ne le sont pas !

Je peux vous dire qu’on en a bien sué mais ce fut le moment de faire mes premières constatations.

Le tri du bétail, c’est une discipline qui demande :

  • de la stratégie (arriver à anticiper le mouvement de la vache)
  • de la mobilité de la part du cheval à qui on demande une très forte réactivité
  • de la patience (il est important de savoir attendre et donc de réduire la pression mise sur la vache visée)

Ce n’est pas évident du premier coup. Dans un premier temps, j’avoue qu’on a un peu tendance à privilégier la vitesse et la pression. Un truc d’égo d’humain surement. N’empêche que l’on apprend rapidement que si on s’approche trop vite et trop près, la vache va trouver le moyen de nous échapper.

La matinée se conclut après une session en selle de près de 3 heures. Mini-Morue et moi ne sommes pas fatiguées. L’avantage de l’endurance, c’est que j’ai appris à gérer l’effort de ma jument. Pas besoin de faire des allers/retours au galop si on en a pas besoin. Gardons l’énergie pour l’après-midi… nous allons en avoir besoin car l’exercice va encore un peu plus se compliquer. Le temps de la pause de midi, nous mettons les chevaux au paddock après une bonne douche bien fraiche. Pour nous, c’est direction un excellent barbecue préparé par Manuela, la conjointe de Bastien.

Exercice n°3 : tri les vaches par numéro

15h : nous revoilà à cheval. Le souci, quand le déjeuner est excellent et qu’il fait un temps magnifique, c’est que le retour en selle est difficile. J’aurais bien fait une petite sieste à l’ombre du van mais non. Marguerite et ses copines bovines nous attendaient pour deux types d’exercices : le tri des vaches par numéro (1, 2, 3, 4 & 5) puis, pour finir, leur vaccination.

Le temps d’une petite détente nous nous remettons dans le rythme. Retour dans le pré où se trouvent les vaches. Elles sont habituées à notre présence et comprennent sans difficulté le job : direction la carrière.

Le premier exercice de l’après-midi consiste, maintenant que les vaches sont numérotées, à sortir su troupeau l’ensemble des vaches portant le même numéro. Bien entendu, naturellement, elles se sont mélangées. Dans chaque équipe, un couple cavalier/cheval est désigné pour aller « couper » le troupeau. Couper le troupeau signifie séparer les vaches pour arriver à les isoler une par une. Loin d’être simple mais tout simplement passionnant. Par rapport à la session du matin, je prends confiance, Moulin aussi. J’essaye de garder mes distances et d’être réactive dans les mouvements. Pas évident, je me rends compte à quel point le Quarter Horse est un cheval mobile.

Au final, les 3 équipes y arrivent sans trop de souci. Moi, je commence vraiment à prendre du plaisir, à oser et Mini-Morue joue le jeu. Elle commence à s’approcher, à allonger le galop et mettre les oreilles en arrière lorsque l’on se déplace parallèlement à une vache. Ce qui me ravie c’est sa capacité à monter en pression, à serrer une bête et à retomber dans le calme tout de suite après. Par contre, ce qui nous manque cruellement c’est … la MOBILITÉ. Ah oui, une chose est certaine… le temps que nous fassions demi-tour, le quarter et la vache sont déjà partis. Je ne pourrais jamais être au niveau du quarter mais je sais que nous avons une belle marge de progression dans le travail de la mobilité. Comme d’habitude, Mini-Morue y met tout son cœur et a un comportement exemplaire.

J’ai beaucoup aimé cet exercice car il y avait un petit côté compétition. Nous avons chronométré chaque groupe. Le groupe le plus lent devait payer l’apéro aux autres. C’est tout bête, mais avoir un objectif précis motive toujours plus.

Exercice n°4 : la vaccination

Nous sommes fin d’après-midi. Le soleil tape à fond, mes bras sont rouges écrevisses. Mini-Morue a chaud mais n’est pas dégoulinante puisque comme le matin, je la préserve en évitant les allers/retours inutiles au galop (même si, j’avoue, traverser la grande carrière de 90m de long peut être tentant).

Là, l’objectif est de sortir du troupeau un groupe de 3 vaches, les emmener vers le tunnel pour qu’elles soient vaccinées. Elles connaissent le job et le font sans trop de souci. Au terme de la quinzaine de vaches vaccinées, notre journée touche à sa fin.

Bilan de cette initiation au tri du bétail.

Comment vous dire ? J’ai adoré cette expérience. J’étais partie avec des nœuds au ventre et je reviens avec des souvenirs plein la tête. Ce n’est pas tant la performance qui me ravit c’est surtout, comme toujours, la capacité de ma jument à me faire vivre ces fabuleux moments. Elle a fait preuve de courage et de sang froid.

Nous avons progressé dans notre communication, nous sommes plus attentives l’une envers l’autre. Pour progresser, il nous faudra travailler la mobilité. C’est tout bête mais pratiquer ce genre de stage m’a permis de comprendre l’intérêt de travailler en carrière : le cheval doit bouger au rythme de la vache pour être performant et pour ça, les assouplissements sont rois. Il y a du travail mais la fameuse « polyvalence » rêvée est belle et bien présente. Je prend conscience des qualités de Mini-Morue. Je peux randonner dans les Vosges, aller en carrière, courir en endurance, nous initier au tri du bétail. Elle me suit. Quelle jument ! Au final, son seul frein, c’est moi (et bim, Sophie !)

Le tri du bétail est donc une superbe expérience que je conseille vivement aux cavaliers désirant découvrir autre chose que l’équitation classique. Un grand merci à mon mari de me suivre dans mes délires. Un grand merci à la personne qui m’a permis de découvrir la discipline et qui m’a fait travailler en amont du stage. Je sais qu’elle lira l’article. Un grand merci aussi à l’équipe du Blue Barn : Manuela pour l’accueil hyper convivial et l’excellent repas ainsi qu’à Bastien pour ses conseils et son accompagnement qui m’ont permis de profiter à fond malgré le fait que je sois totalement novice.

J’aimerais terminer cet article par une petite réflexion que je partage souvent avec vous : prenez toujours le temps de vous retourner afin d’observer le chemin parcouru avec votre cheval. 

 

8 commentaires sur “Découverte du tri du bétail !

  1. horseshints

    Si je m’attendais à ça! (Du western sur ton blog 😉 )
    Super! Et j’espère que vous retenterez ce type d’expérience! En tous cas, on sent tout le bon que vous avez vécu et que vous avez profité à fond. 🙂

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    • Sophie Auteur de l'article

      Carrément que j’ai envie de retenter l’expérience !
      Normalement, dans les prochains temps, je devrais également tester l’extreme cowboy race.

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      • Naja

        Oh ! où ? dans ton coin là haut dans le 95 ? Parce que y en a un qui est organisé juuuuuste à côté de ma pension dans le 91 !

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        • Sophie Auteur de l'article

          Non, à côté de Dieppe dans le 76 !
          J’ai déménagé Flo, je n’habite plus dans le 95… mais dans le 27. J’ai migré à la campagne 🙂 🙂

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