Endurance

L’intérêt d’un travail varié pour le cheval d’endurance

La saison d’endurance étant terminée, il est temps de faire un bilan mais également, de réfléchir à des pistes de développement afin d’aborder au mieux la prochaine saison. Ces pistes de développement passent, bien entendu, par une préparation physique et mentale et c’est bien là que souvent le bas blesse.

En effet, comme tous les cavaliers d’endurance débutants, je me suis focalisée sur la préparation « cardio » et « respiratoire » de ma jument lors de notre première saison. En effet, en endurance, on nous demande de couvrir une certaine distance dans un temps donné tout en conservant la meilleure condition de notre monture. On entend très souvent que le travail à privilégier est donc la mise en souffle à travers l’exercice du trotting. Je vous dirais OUI … mais je vous dirais également NON 🙂

Je m’explique…

Oui, en endurance, il est absolument nécessaire de faire un travail de mise en condition et de développer celui-ci au fur et à mesure de l’évolution de vos objectifs. Demande t-on à un être humain de courir un semi-marathon de 21,1 kilomètres alors que celui-ci ne possède aucune condition ? Non ? Et bien il en va de même pour votre monture. Le travail de fond (préparation physique lente mais longue qui sert à préparer l’organisme du cheval à ses futurs efforts) est donc tout aussi nécessaire qu’une préparation active qui va permettre l’amélioration progressive des facultés cardio-respiratoires.

Cependant, avec un peu plus d’expérience terrain et surtout, d’apprentissage de la culture « endurance » (je ne saurais que trop vous conseiller de lire les livres de Leonard LIESENS et de Virginie ATGER et surtout, si vous en avez l’occasion,  de pouvoir échanger avec des cavaliers ayant déjà couru des CEI * ou des CEI**) je me suis rendue compte que la performance d’endurance de ma monture se voyait améliorer grâce à la mise en place d’un travail varié. Terminées les semaines où on ne fait que de l’extérieur tambour battant, cheveux presque au vent – casque oblige – et naseaux dilatés ! Place à un véritable programme de travail varié afin d’optimiser la performance et la motivation.

Le travail sur le plat, la base de la base :  

Quels sont les intérêts d’une préparation diversifiée par rapport à l’alignement des kilomètres dans une attitude figée ? Le développement de la souplesse et de la disponibilité physique bien sûr ! En effet, nous avons tendance à oublier que ces deux paramètres sont autant de facteurs de performances que de préventions des blessures.

N’étant pas une inconditionnelle de la culture « dressage », je monte assez rarement en carrière. J’avoue facilement qu’être entre 4 mûrs m’ennuie rapidement. J’ai donc réfléchis à comment je pourrais travailler ma Mini-Morue sur le plat tout en prenant du plaisir et surtout, en évitant de la blaser :

Le travail à la longe :

Le travail en cercle, assez inhabituel pour nous, cavaliers d’endurance, c’est pourtant un instrument de travail précieux. En plus d’améliorer le respect et la complicité avec votre monture, en plus d’avoir l’opportunité de l’observer en mouvements, il permet de travailler la souplesse et la décontraction du rachis cervical. Personnellement, j’utilise des rênes fixes assez lâches afin de « guider » et non pas « imposer » une position de l’encolure à la jument et surtout, je favorise l’impulsion… le nerf de la guerre ! Il faut que ça avance, il faut que ça engage sinon…ça ne sert pas à grand chose !

Des séances de plat en extérieur :

Comme je vous le disais un peu plus haut, je m’ennuie très vite en carrière. Les grands espaces, c’est tellement mieux ! Pourtant, on peut très bien « travailler son cheval sur le plat » tout en faisant de l’extérieur. J’aime beaucoup travailler la mise sur la main, demander quelques flexions d’encolure et surtout, faire des variations d’allure et de transitions : pas, départ au galop, galop sur quelques foulées, pas, arrêt, reculé. Caresses. On lâche tout.

Bien entendu, pour les puristes du dressage, ce type de travail apparaitra comme de la nioniotte pas très sérieuse. Mais je me dis en toute franchise que tout cela est une affaire de temps et d’expérience. Pour le moment, ce type de travail sur le plat nous convient à toutes les deux car il est sérieux tout en étant un peu… décalé 🙂

 

 Le travail à l’obstacle :

Lors de sa dernière visite, l’ostéopathe m’a demandé si je sautais de temps en temps. Grimace bien marquée sur le visage, je lui ai expliqué ma peur panique de l’obstacle suite à mon accident il y a un peu plus de 10 ans. Pourtant, nous avons engagé la conversation sur les bienfaits de l’obstacle dans le développement d’une musculature harmonieuse. J’ai donc commencé à me renseigner sur l’obstacle en liberté et franchement, c’est juste génial ! Je vous en parlerais lors d’un prochain article mais d’ores et déjà, je peux vous dire à quel point ce type de séance fait du bien à ma monture car elle travaille tout en s’éclatant ! Mini-Morue ne sera jamais un cheval de CSO mais par contre, avec ses grandes cannes de PS, elle a se qu’il faut pour sauter un obstacle isolé de 70 cm (enfin… quand madame veut car elle peut très bien te « striker » ton micro-vertical parce qu’elle avait pas envie de faire l’effort de lever les pattes ! Mais ça, c’est une autre histoire !)

 

Le trotting, l’exercice idéal pour le développement des capacités cardio-respiratoires : 

Le trotting est l’outil de travail de base pour développer et améliorer les capacités cardio-respiratoires de nos montures. Le principe est toujours le même : y aller progressivement et rester à l’écoute de notre animal. Il ne faut pas oublier une chose : le moteur, c’est le cheval… et le pilote, c’est le cavalier ! C’est donc à nous de savoir gérer l’effort de notre monture. Avec Mini-Morue, nous avons commencé par des trotting de 15 min, puis nous avons sommes passés par les paliers 25, 35, 45, puis 1 heure. Lorsque l’on débute ce type d’exercice, il faut souvent s’attendre à des carences physiques : il ne faut pas avoir peur de le dire, le couple en chie sévère ! Mais petit à petit, vous vous rendrez compte que vos cuisses ne vous brûlerons plus autant et que votre monture apprendra à récupérer tout en trottant. Continuez, vous êtes sur la bonne voie !

Par la suite, vous pourrez opter pour l’exercice du galoping afin d’apprendre à votre monture (et à vous par la même occasion…) à récupérer tout en étant dans l’effort. Ce type de travail est intéressant pour le cavalier et le cheval d’endurance car il permet d’allier vitesse tout en conservant une fraicheur physique. Encore une fois, allez-y très progressivement.

 

Les balades du week-end : l’occasion de se faire plaisir ! 

Rênes longues, sans objectif particulier si ce n’est se faire plaisir : les balades du week-end sont avant tout un moment privilégié avec votre monture. C’est le moment de mettre à profit l’équilibre et l’obéissance travaillés lors des séances de plat. Franchement, un bon galop avec un copain de balade… c’est excellent non ?

Mini-Morue, quand elle sent que je la laisse partir, prend un malin plaisir à doubler tout ce qui bouge ! Et vous savez quoi ? Je lis une véritable fierté sur sa petite tête de PS.

Un leitmotiv ? Se faire plaisir en toute sécurité !

 

Les périodes de mise au repos : prendre le temps de digérer les efforts pour repartir de plus belle !

Les périodes de repos font intégralement parties du programme de préparation physique et mentale. En effet, même si vous avez l’impression que votre monture supporte bien son entrainement quotidien, il va de soi de lui laisser des périodes de off pour son physique et pour son moral ! Mettez-la au pré, laissez-la vivre sa vie de cheval avec ses congénères, profitez-en pour faire de longues balades en main.

Voici donc quelques pistes de développement pour offrir un travail varié à un cheval d’endurance.

Concrètement, pour ma Mini-Morue en période hivernale (de fin Octobre à début Janvier environ) cela donne : 

Lundi : Repos

Mardi : Repos

Mercredi : Séance de longe

Jeudi : Repos

Vendredi : Saut en Liberté

Samedi : Balade à la cool (rênes longues) mais avec des temps de trot et de galop

Dimanche : Séance de plat en extérieur

 

En période de pré-courses / courses d’endurance

(de Mi-Janvier à Octobre environ), le programme est légèrement modifié et monte de façon progressive en charge et en intensité :

Lundi : Balade lente mais longue

Mardi : Repos

Mercredi : Trotting / Galoping

Jeudi : Repos

Vendredi : Séance d’obstacle en liberté

Samedi : Séance sur le plat ou longe

Dimanche : Balade sportive

 

Bien entendu, on rappellera toujours une règle d’or : être à l’écoute de sa monture … et de soi-même ! Après une course ou un gros entrainement, toujours laissez une période de repos afin de laisser le temps à votre monture de récupérer. Mon crédo : il vaut mieux laisser trop de repos que pas assez ! Soyez généreux ! Elle vous le rendra ! Enfin, si un jour vous sentez qu’elle n’est pas à l’aise ou que vous même, vous n’êtes pas dans votre assiette, passez votre chemin ! A notre niveau, ce n’est pas parce que vous sauterez un entrainement que votre saison sera foutue, terminée, complètement perdue que dis-je… anéantie 🙂

 

3 commentaires sur “L’intérêt d’un travail varié pour le cheval d’endurance

  1. Constance

    Merci pour cet article, très intéressant ! Aurais tu les références des livres des auteurs que tu cites? Je cherche à approfondir ma culture équestre…
    Si tu as également des liens/ouvrages pour ce que tu citesd comme le développement harmonieux de la musculature à l’aide de l’obstacle, je suis aussi preneuse!

    Merci !

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  2. Catherine

    Super article, c’est exactement le genre de conseils simples, concrets et pratiques que je cherchais pour démarrer en endurance. Merci & bravo!

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