Endurcir un cheval : réalité ou vieux rêve de cavalier ?

Endurcir un cheval : réalité ou simple rêve ? Voilà la question que je me pose actuellement ! Ça faisait longtemps qu’il n’y avait pas eu de réflexion sur ce blog ! Il faut dire qu’avec les aventures de Mini-Morue et surtout son évolution spectaculaire, il y a de quoi se poser des questions. Le Pur-Sang est-il une race aussi fragile que l’on peut l’entendre régulièrement ? Le cheval peut-il s’adapter à toutes les situations ?

Faire avec ce que la nature nous a donné !

Les chevaux comme les Hommes partent avec une base unique que la nature a bien voulu leur donner. Moi, par exemple, et bien je n’aurai jamais les jambes d’Adriana Karembeu 😉 Mais comme pour les Hommes, les chevaux peuvent aussi progresser tout au long de leur vie. Il faut simplement savoir leur proposer au bon moment et dans des conditions optimales.

Edit à moi-même : je peux commencer dès maintenant les séances de gainage lol

 

Jambes Adriana Karembeu - Horse-Connect

Les fameuses jambes d’Adriana – Paris Match

 

Mini-Morue a toujours été perçu comme un cheval à la santé fragile. Achetée il y a 5 ans totalement en vrac elle avait, entre-autre, (mais pas forcément dans l’ordre) :

  • des soucis de poids (coucou les ulcères…)
  • de pieds (plats, hyper friables)
  • de dos (je dis merci à son dos ultra long)

Mini-Morue - Horse-Connect

Oui, c’est bien elle ! Mini-Morue avait 4 ans 🙂

Comme beaucoup de PS, son poids jouait au yoyo et ses pieds étaient un véritable mystère de la nature. Ne possédant pas les connaissances nécessaires, je jouais à l’apprentie sorcière. Combien de centaines d’euros ai-je pu investir dans des compléments en tout genres ? Combien de pots de graisse ai-je pu tester pour faire pousser ses pieds de façon « magique » ? Je n’en ai aucune idée. Sur le moment, cela fonctionnait plus ou moins bien. Mais dès que j’arrêtais le « traitement », nous retombions dans nos travers.

Y’a pas à dire, être propriétaire d’équidé, c’est un métier… et ça s’apprend !

Jusqu’au jour ou j’ai compris quelque chose : le rôle de l’alimentation.

Si tu n’as pas l’alimentation…ne t’attends pas à avoir grand chose ni au bout du mors… ni au bout du sabot.

Petite rétrospective de notre histoire… on vient de loin !

L’alimentation : la base de la base

Lorsque l’on choisit une pension, on a tendance à s’attarder sur des éléments « structurels » : la taille des boxs, la présence de paddocks, de prés ou encore la taille du casier de sellerie. Je suis d’accord avec vous, pour notre vie et surtout celle de notre cheval, tout ces éléments sont importants. Mais soyons honnêtes, combien d’entre-nous (parmi les cavaliers amateurs) prennent en compte … l’alimentation proposée ?

Alors oui, nous savons que les chevaux sont nourris plusieurs fois par jour. Mais comment ? Attirons-nous notre attention sur la qualité des grains distribués ? Savez-vous quelle marque est donnée à votre cheval ? Et pourquoi cette marque ? Connaissez-vous la composition des grains distribués ? Savez-vous déterminer si la ration est équilibrée ? Le rapport phosphocalcite ça vous parle ? Les oligo-éléments ?

Moi en toute honnêteté, jusqu’il y a quelques mois… et ben ça ne me parlait pas. Et quand ça ne parle pas… et bien il est difficile de faire un état des lieux pour savoir où on en est et encore plus impossible de se remettre en question pour s’améliorer.

On a tendance à oublier une chose : l’alimentation de nos équidés est LA base de notre passion. Mais nous avons un souci en perspective : ces connaissances sont rarement (très rarement) / (jamais) enseignées dans les centres équestres. Ouvrez-donc un livre grand public. La notion d’alimentation est simplement survolée. Tout au plus nous avons connaissance de quelques grandes marques connues sur le marché (Destrier, Cavalor, Baileys…) mais pas vraiment de leurs compositions. Nous leur faisons confiance les yeux fermés. Oui mais non. On peut toujours faire mieux ! Ca prend du temps, on pose des questions, on s’informe, on se (re)met en questions… et on essaye. Et là, si vous avez suivi les conseils des bonnes personnes … et ben vous n’en croyez pas vos yeux : votre cheval se transforme.

Endurcir un cheval : une réalité qui prend du temps !

Une chose est certaine : endurcir un cheval est chose possible. C’est une question de temps… et de méthodologie. Comme toujours, le cavalier doit s’impliquer, chercher et accepter de ne pas tout savoir. Ça fait mal au crâne et par moment, on se sent très bête…

Mini-Morue en est la preuve vivante. Comme vous le savez, elle est maintenant à l’arrêt depuis plusieurs mois. Alors que d’habitude elle est tondue et couverte dès les premières fraicheurs, je me suis dis que cette année, on allait faire simple : retour auprès de Dame Nature, la même qui me la fabriquée. De mon point de vue, cela était un peu « risqué ». D’après mes précédentes expériences, Mini-Morue allait perdre du poids, son poil allait se piquer et son œil perdre de l’éclat. Bref… un bilan pas super génial et le stéréotype du Pur Sang hyper fragile. Sentant le potentiel coup foireux (genre, j’ai encore eu l’idée du siècle !), j’ai gardé ma couverture à portée de mains, prête à la dégainer.
ET POURTANT ! Je dois vous avouer un truc : la jument n’a jamais été aussi en forme ! L’hiver est apparu au fil des semaines et est allé jusqu’à atteindre des températures nettement en-dessous de zéro degré. Au programme : du froid, de l’humidité. De la boue aussi. Miam.

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La boue, c’est la vie !

Petit à petit, j’ai vu son poil se transformer : dans un premier temps, il s’est allongé. Puis, dans un second temps, il s’est épaissi et a gonflé (c’est ce qu’on appelle l’effet « boule de poils »). Sans travail et avec une (simple mais équilibrée) ration d’entretien, Mini-Morue est ronde comme une barrique. Du jamais vu en 5 ans !

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Moi, ronde ? Je ne vois pas de quoi vous parlez. Vous devez confondre !

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Je vous interdis de dire que je suis en mode « poulinière ». Je profite simplement de la cantine locale. C’est TOUT !

Le résultat est aussi visible dans ses pieds : elle qui avait toujours des pieds complexes, je n’ai plus aucun souci et l’entretien est minimal :

  • je badigeonne sa fourchette avec un mélange de vinaigre de cidre et de tea tree une fois par semaine pour l’assainir au maximum;
  • je lui mets une paire de cloche pour éviter tout déferrage accidentel;

Et c’est TOUT.

Moi-même je n’en reviens pas. Bon, pour tout ceux qui se disent « on peut passer aux pieds nus maintenant », je vous le dis tout de suite : ce n’est pas au programme 🙂

Enfin, dernière aspect intéressant : la gale de boue ne nous a pas vaincu ! Pour la première fois en 5 ans, Mini-Morue ne souffre pas de la gale de boue ! Et pourtant elle est dehors toute la journée et ses membres ne voient pas la douche ! Mais rien. Pas une trace, pas une croute. Sa balzane revit. Moi aussi.

Endurcir un cheval est donc possible et ce, même pour les races dites les plus fragiles. Encore une fois, tout est question de raisonnement et de bon sens. On travaille d’abord sur le fond (l’alimentation) et ensuite seulement on mise sur la forme (couverture, travail…). Surtout, on n’oublie pas une chose essentielle : on s’adapte à chaque animal. Ne partez pas sur l’effet de mode. En équitation, la mode fonctionne seulement pour la couleur de tapis et/ou de couverture. Pas sur l’approche globale de l’animal.

 

Je profite de ce premier article de l’année pour rapidement regarder en arrière : en 5 ans, Mini-Morue et moi avons grandement changé. Elle est passée d’une pension box à une pension « pré-box », on a modifié sa ferrure et son alimentation a été revue entièrement. Que de changements ! Comme dans toute passion, on se pose, on rencontre des personnes et on se remet en question de façon intelligente (en tout cas, on essaye).

On grandit et c’est ça qui est beau ! On ne ressort pas indemne de notre relation.

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Pour 2017, la résolution de Mini-Morue est simple : être toujours plus aimable avec les Humains 🙂

6 commentaires sur “Endurcir un cheval : réalité ou vieux rêve de cavalier ?

  1. Osteonimaux

    Le plaisir d’avoir un cheval à la maison c’est le contrôle des rations.
    J’ai beaucoup de clients qui ne s’occupent pas de l’alimentation et voila les dégâts quand je demande.
    C’est vraiment important, un cheval beau de l’exterieur commence par l’intérieur. L’alimentation est comme chez l’humain, une importance capital pour la santé générale.
    C’est agréable de voir la différence. Félicitation à vous deux.

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    • Sophie Auteur de l'article

      Merci beaucoup Emeline !
      Je ne peux que remercier maintes et maintes fois la personne qui a accepté de me transmettre ses connaissances.

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  2. Thébaine

    Impressionnant… D’autant plus que si je comprends bien, tu avais des soucis auparavent avec la gale de boue, mais une alimentation plus adaptée à mini morue a participé à tenir les problèmes de peau à l’écart ?

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    • Sophie Auteur de l'article

      Complètement Flo ! Chaque année, Moricette se choppait une gale de boue d’enfer (toujours sur le même postérieur, celui avec la balzane) avec lymphangite à la clé.
      Cette année, malgré des heures dehors et des zones boueuses (les zones de passage) et ben…. elle n’a rien !
      Donc mon hypothèse est celle-ci : l’équilibre alimentaire a des conséquences importantes sur le système immunitaire !

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      • Thébaine

        hypothèse qui a du sens, quand on sait l’impact de l’alimentation sur l’être humain, on peut se dire pourquoi pas le cheval ! Par contre, savoir comment bien nourrir son cheval et surtout trouver ou convaincre sa pension d’adapter son alimentation, c’est une autre paire de manche… Merci pour le partage de ton expérience en tout cas, c’est vraiment enrichissant cet avant-après 😀

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        • Sophie Auteur de l'article

          Je suis (comme souvent) 100% d’accord avec tes observations.
          Savoir bien nourrir son cheval est compliqué quand on a pas sous la main quelqu’un qui maitrise vraiment le sujet. Car c’est comme pour tout : y’a maitrise et maitrise. Je me souviendrais toute ma vie d’une citation d’un gérant d’écurie : « on ne donne qu’un demi litre à Mini-Morue pour éviter qu’elle ne chauffe, c’est une pur. » Voilà le genre de connerie que j’ai déjà pu entendre. C’est sur que là, elle ne risquait pas de chauffer la pauvre.

          Quant à convaincre la pension… il serait intéressant de rencontrer des gérants de pension prêt à défalquer les frais de « grains ». Car en règle générale, tu payes ta pension ET tes grains. Et pour beaucoup de propriétaires, ça commence à faire un peu cher…

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