Endurance

La gestion du temps en endurance équestre

Dimanche 15 Mars 2015, première course d’endurance de la saison. J’ai appris ce jour là, à mes dépends, l’importance de la gestion du temps en endurance équestre.

On apprend de ses erreurs… ok… mais quand l’erreur est vraiment énorme et que l’on ne la jamais commise en 2 saisons de concours, et ben ça fait sévèrement mal car la gestion du temps en endurance équestre… jusque là… elle ne m’avait jamais posé de souci !

Je vous raconte !

Dimanche 15 Mars, première course de la saison. Pour démarrer et nous remettre dans le bain, j’ai inscris Mini-Morue sur une 20 km en Club 2 (soit entre 12 et 15 km/h).

Venant des Vosges, Mini-Morue a plutôt l’habitude que ça grimpe et que ça descende dans tous les sens. Alors forcément, quand on se retrouve en plaine de la Picardie, au milieu des champs, l’effort n’est tout simplement pas du tout le même et donc la gestion du temps… non plus !

La galopeuse est de retour :

Je revois encore mon mari me dire « Fais gaffe, elle va te bouffer les kilomètres ». Concrètement parlant, je ne l’ai pas pris au sérieux … mais ça voulait déjà dire « attention à la gestion du temps » !

Avec Mini-Morue, nous suivons un entrainement spécifique au travail d’endurance :

  •  Trotting de 15 km
  •  Séance de galop sur une boucle de 18 km
  • Sortie au pas de 3h / 3h30 tous les week-end

Alors oui, ce n’est plus la petite pouliche de course… mais de là à ce qu’elle avale les kilomètres au galop… je n’y croyais pas !

Sous le PS, sommeille un guépard prêt à bondir !

Je grimpe sur son dos. Les oreilles se mettent en avant, et hop elle demande déjà à y aller alors que je n’étais même pas complètement assise ! On se dirige vers un la ligne de départ. Le pas est actif, les oreilles au taquet et l’oeil vif. Elle sait ce qui se passe et redevient la guerrière que je connais. Par son passé, Mini-Morue sait parfaitement faire la différence entre l’entrainement et le jour de la compétition. Aujourd’hui, elle sait que c’est la compétition.

Départ dans 1 minute : mon cheval est au piaffé. J’ai le plus grand mal à la garder avec les 4 pieds au sol en même temps ! Je caresse, je tente de l’apaiser, je gratouille le garrot … rien à faire. Au même moment où la Juge donne le « top »… j’ai même pas le temps de dire à mon mari « A toute à l’heure » que je suis déjà au grand trot à plus de 14 km/h (ça secoue sa mère)… on traverse le village, je suis la seule à trotter. Une petite voix me dit « fait lui confiance, elle t’a prouvé plus d’une fois qu’elle avait de l’équilibre. » Faut dire qu’avec mon ancienne ATE, Nath, j’ai fait des trucs dont jamais je nous aurais cru capables.

Bref… on trotte, on trotte… je la sens qui pousse de plus en plus. En règle générale, je trotte minimum 15 minutes le temps que l’huile aille partout dans la machine et qu’elle chauffe. Nous arrivons au niveau des champs… ça fait 6 minutes qu’on coure et … elle me demande le galop. Je lui accorde. Nous voici à plus de 20 km/h. J’essaye de ralentir la vitesse du mieux que je peux. La jument est ultra confort, dans sa cadence, ne souffle pas et rien ne la perturbe. Je double un à un les concurrents (toujours prévenir que l’on arrive et demander si on peut doubler… c’est une question de sécurité !). On progresse, je vois les kilomètres défiler sur ma montre GPS… arrive la première assistance au bout du 12 kilomètres. Elle est fraiche comme une rose… moi un petit peu moins ! Mon mari, Hervé, me signale que j’ai pas mal d’avance sur le temps initial… je lui réponds qu’elle veut y aller et que j’ai du mal à la ralentir. Je prends mon temps. Elle boit, choppe une pomme et une carotte qui flotte dans le seau. Bref, on avait limite l’impression d’être en rando alors que d’habitude, les assistances se font toujours dans le speed.

On repart… prochaine assistance dans 5 kilomètres… on traverse un village au trot moyen… vient la traversée d’une route que nous faisons au pas grâce à la présence d’un très sympathique bénévole… puis de nouveau du champs. C’est reparti… on galope. Les kilomètres défilent, la jument est toujours aussi concentrée. Au loin je vois mon mari qui m’attend pour la seconde et dernière assistance. Et là..c’est le drame…. je commence à merder ! Il me prévient… « Attention, dans 2 kilomètres tu es à l’écurie ». Je ne l’ai pas assez écouté. Le ravitaillement effectué, on repart au trot le long d’une route.

La gestion du temps en endurance équestre, tu apprendras !

Petit 1 : je n’ai pas regardé ma montre GPS … en la regardant, j’aurais vite compris que j’avais presque 10 minutes d’avance sur le temps minimum.

Petit 2 : je n’ai pas vu le panneau « Arrivée dans 1 km »

Alors forcément, quand vous commettez ces deux erreurs et que tout d’un coup vous voyez la ligne d’arrivée à moins de 500 mètres et que vous avez 8 minutes d’avance… et ben vous vous dite que la gestion du temps en endurance équestre… sur ce coup là…. vous l’avez sérieusement merdé !

En faisant ces 500 mètres au tout petit pas, le temps de compter les champignons au sol et d’admirer la belle forêt (mode ironique **ON**) et bien j’ai pu gratter 5 minutes… mais le verdict est tombé… nous avions 3 minutes d’avance.

A ce moment là, je me suis maudite. Je peux même vous dire que j’en ai pleuré de rage de commettre une erreur aussi nulle ! La jument a tellement bien couru que moi, j’ai été foutue de merder dans la gestion de mon temps. Pourquoi n’ai-je pas ralenti ? Pourquoi n’ai-je pas terminer au pas, tranquillement ? Pourquoi n’ai-je pas vu le panneau « Arrivée dans 1 kilomètre » ? Pourquoi n’ai-je pas eu l’idée, si déjà mon mari me dit « Dans 2 kilomètres c’est l’arrivée » de regarder ma montrer GPS ?

30 minutes plus tard… contrôle véto… le verdict dépasse mes espérances : cardiaque de 32 au départ et cardiaque de 32 post-course. En gros, ça veut dire que la jument n’a fourni aucun effort. Le vétérinaire nous félicite et un officiel me dit de ne pas m’inquiéter concernant mes 3 minutes d’avance qui seront transformées en 3 minutes de « pénalité ».

La jument est fraiche comme une rose, va directement dans son paddock brouter comme si elle était en vacances. Moi, je retourne ranger mon matériel en fulminant sur moi-même et sur mon erreur. Intérieurement, je savais que ça allait me coûter bien plus que 3 minutes de pénalité.

Le temps de la remise de prix arrivant… j’apprends que je suis éliminée pour vitesse et que ça s’est joué à rien du tout.
Dans mon épreuve, la vitesse maximale autorisée est de 15 km/h. Jusqu’à 0,5 km au-dessus de cette moyenne, le jury donne des pénalités de temps. Or, avec Mini-Morue nous avons couru à 15,52 km/h soit… 0,2 km/ au-dessus du seuil de l’élimination. ARG !

Moralité de la situation ?

Bon, deux choses sont certaines :

  • Mini-Morue est en pleine forme et est sans aucun doute prête pour la distance supérieure puisque visiblement, sur 20 km, elle fournit un effort complètement maitrisé et digéré par son organisme.
  • Ma montre GPS :  pour la prochaine course, je ne la quitterai plus des yeux, ça je vous le promets ! Je me suis faite avoir une fois… on ne m’aura pas une deuxième fois ! La gestion du temps en endurance équestre va devenir mon obsession !

Moralité ? La gestion du temps en endurance équestre est, nous l’avons compris, un élément essentiel à prendre en compte ! Ne faites pas la même erreur que moi 🙂

5 commentaires sur “La gestion du temps en endurance équestre

  1. Alex

    Bonjour, Je trouve votre article génial et justement je me posais pas mal de question concernant cette gestion du temps….me voilà bien informée maintenant!

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    • Sophie Auteur de l'article

      Bonjour Alex !

      Merci pour le compliment !! Cet article,je l’ai écrit avec mon coeur et mes tripes LOL ! Heureuse qu’il ait pu t’apporter des conseils ! A bientôt !
      🙂

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      • Avr

        Oui c’est ce qui donne du piquant, c’est que ça sent le vécu. 🙂 Est ce que je peux vous contacter par email en dehors du blog pour vous poser des questions concernant votre entrainement ou préférez-vous qu’elles apparaissent ici? En fait j’aimerais participer à une 20km en club 2 dans 2 semaines et j’ai un arabe de 8 ans…on s’entraîne au feeling mais j’ai vu que votre entrainement était vraiment technique et bien rodé…du coup ça m intéresserait de vous demander qques précisions et vos conseils perso! 😛
        Belle journée

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        • Sophie Auteur de l'article

          Ahahaha oui ça sent le vécu ! Si j’avais eu une photo de ma tronche au moment où j’ai appris mon élimination… je l’aurais certainement mise dans l’article !
          On apprend toujours et tout le temps !
          Pas de souci pour les questions : tu peux me contacter via mon mail : sophie (at) horse-connect.fr
          Je préfère que l’on discute via le mail comme ça, tu peux me donner quelques informations sur toi et ton cheval (âge, expérience, cardio, récupération, lieu d’entrainement ….)

          A bientôt 🙂
          Cavalièrement,
          Sophie.

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