[Portrait] Karin LECLERC, Inséminateur Equin au Haras du Pin

Il y a quelques mois, lors de la Route des Etalons, j’ai rencontré complètement par hasard, au détour d’un café, une nana pleine de sympathie et d’énergie : Karin Leclerc, Inséminateur Equin au Haras du Pin.

Comme Thomas, (du Haras du Petit Tellier) le petit « truc » qui a fait toute la différence pendant notre longue discussion, ce fut sa passion pour son métier d’Inséminateur Equin, un métier très faiblement connu du grand public.

Karin et les chevaux, une histoire d’amour de longue date !

A l’âge auquel la plupart d’entre-nous ne savaient même pas encore vers quelle voie professionnelle ils allaient se tourner Karin, 30 ans, côtoyait déjà le monde professionnel des chevaux. Depuis ses 16 ans, elle a multiplié les formations diplômantes : BEPA activité hippique, Bac Pro Production du Cheval, Auxiliaire Vétérinaire et plus récemment, une Licence d’ Inséminateur Equin. Passionnée d’élevage, Karin a découvert le métier grâce au vétérinaire pour qui elle travaillait en tant qu’auxiliaire et qui lui a permis d’effectuer un stage pour apprendre à congeler la semence.

Inséminateur Equin, un métier technique, exigeant, passionnant mais aussi précaire !

Le métier d’ Inséminateur Equin est peu connu du grand public. En effet, en tant que particuliers, nous avons à faire à ce professionnel uniquement lorsque nous voulons faire pouliner notre jument. Le métier d’ Inséminateur Equin requiert des connaissances pointues en reproduction et une dextérité technique certaine : il consiste à la fois à la récolte de l’étalon, à la préparation de la semence mais aussi à l’insémination des juments et à leur suivi au moment des chaleurs.

Inséminateur Equin - Horse-Connect

Karin LECLERC en train de récolter un étalon au Haras du Pin

Inséminateur Equin, c’est aussi un métier où le contact humain, l’émotion et la fierté sont au rendez-vous !

Le contact humain – la gestion des propriétaires :

Le contact humain est primordial : lorsqu’un propriétaire vous emmène sa jument, il est important de mettre en place une certaine dialectique, de se mettre à son niveau afin de lui expliquer étape par étape le processus d’insémination et ce qui va suivre. Ce contact n’est pas évident : Karin met en avant la difficulté de gérer les clients difficiles quand, par exemple, ils ne veulent pas comprendre que si leur jument ne remplit pas, c’est peut-être à cause du type de semence utilisé (ex. une jument « âgée » remplira mieux avec de la semence fraiche et donc, avec un étalon qui se trouve sur place).

A côté de ça, certains propriétaires sont gratifiants. Karin se souvient notamment d’une anecdote sympathique : quand l’équipe a réussir à remplir deux juments appartenant au même propriétaires (alors que ces deux juments ne remplissaient pas depuis deux saisons), ce dernier leur a offert deux bouteilles de champagne pour les féliciter et les remercier ! L’élevage, c’est aussi ça : des moments de joie dans le partage.

L’émotion et la gestion d’une « première fois » :

Récolter un étalon, un geste anodin ? Et bien pas du tout ! Tous les professionnels se sont un jour confrontés au doute et à l’appréhension. Quand Karin a du récolter son premier étalon, elle s’est retrouvée face à une double difficulté : une « première » fois un peu intimidante… et un étalon peu coopératif qui ne voulait pas monter sur le mannequin ! Résultat des courses, en plus de gérer ses émotions, elle a du faire sa première récolte sur une jument ! Elle nous confie « avoir été très stressée mais une fois devant l’étalon, le stress s’est évaporé et la concentration a pris le dessus ». C’est donc à ça que l’on reconnaît les professionnels 🙂

La fierté de voir ses produits naitre et grandir :

L’élevage est un métier où la passion et la fierté sont étroitement liées. Rien de plus naturel pour Karin que d’éprouver une grande fierté de voir le poulain d’une jument qu’elle a inséminé et encore plus, au moment du débourrage et de son premier saut !

Seule ombre au tableau : comme quasiment tous les métiers passions du monde du cheval, Inséminateur Equin est un métier où la précarité fait partie des points négatifs. En effet, comme l’ Etalonnier, l’ Inséminateur Equin exerce son savoir-faire pendant la saison de monte soit, de mi-février à la fin du mois de juillet. Alors pour palier ce manque d’activité, Karin a entrepris une formation de Physiothérapeute Equin pour pouvoir pratiquer cette activité en dehors de la saison de reproduction.

La vie de Karin tourne donc quotidiennement autour du cheval et par tous les pans : les soins vétérinaires, la reproduction et dans quelques mois le bien-être et le traitement thérapeutique par la physio.

 

Face à la question « où pourra t-on se rencontrer dans 10 ans ? » Karin nous confie qu’elle se verrait bien à la tête de sa propre structure afin de continuer à exercer sa passion.

Je lui donne donc RDV dans 10 ans… quand je voudrais faire pouliner Mini-Morue 🙂

 

Un commentaire sur “[Portrait] Karin LECLERC, Inséminateur Equin au Haras du Pin

  1. Marylou D. (@Criniere_Blonde)

    Inséminateur équin, j’en ai déjà entendu parler mais il faut avouer que là comme ça tout de suite, ça vend pas forcément du rêve (guider l’étalon sur le mannequin, récolter la semence ect, on a connu plus ragoutant).

    Mais du coup la lecture de cet article est sympa, car on peut entrevoir ce qui pousse les gens à se diriger vers ce métier, ce n’est pas seulement l’acte d’inséminer, mais tout ce qu’il y a derrière.

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