Santé du cheval

Mon cheval à la Borréliose de Lyme !

MON CHEVAL, LYME & MOI !

Fin 2017, Mini-Morue m’a réservé une petite surprise… elle a été diagnostiqué positive à la Borréliose de Lyme. Retour sur un épisode vétérinaire dont je n’avais pas imaginer l’existence ! Je vous préviens tout de suite : cet article n’a aucunement l’objectif d’être un article « vétérinaire » dans le sens « diagnostique »… mais un simple témoignage d’une cavalière – asseyez-vous, ça va être long !

Borréliose de Lyme - Horse-ConnectIxodes ricinus – Copyright ENVN

A la base, une simple visite vaccinale :

Début décembre, nous avions notre traditionnel rendez-vous vétérinaire pour les vaccins. Je profite toujours de sa venue pour faire un petit check-up et poser mes quelques questions. Avant les injections, son vétérinaire habituel l’ausculte, me pose quelques questions d’usage du type « comment va t-elle », « comment est-elle au travail » …  Ça tombe à pic, je réponds avec un immense sourire que la jument est vraiment top et les progrès, notamment en matière de souplesse et de solidité du dos sont bien là. On enlève la couverture et oui, la jument est magnifique. Pour moi, il n’y a aucun souci à l’horizon.

Une fois les vaccins faits, je profite quand même de son passage pour lui poser une question qui me tracasse un peu : le boulet de l’antérieur droit. Depuis quelques mois, ce boulet avait tendance à engorger facilement. Par rapport au boulet de l’antérieur gauche, on voyait quand même une nette différence. Pas de douleur au touché mais une petite zone de chaleur en face interne. Ce qui avait tendance à me rassurer, c’est que le boulet dégonflait une fois que la circulation sanguine était activée par la marche ou le travail. Mais quand même, c’était bizarre et pour moi, il pouvait y avoir 3 causes potentielles :

  • c’est sur cet antérieur que la jument a un très léger basculement de la 3ème phalange donc c’est un membre « fragile »;
  • un jour, lors d’une sortie, j’ai trotté/galopé sur un sol peu qualiteux et son articulation en a pâti directe (SOS cavalière qui change de couleur);
  • un début d’arthrose (l’arthrose peut toucher un cheval quelque soit son âge et son activité).

Après quelques observations, le véto me dit qu’il doit s’agir d’un début d’arthrose et que pour en être certain, on prévoira quelques images en début d’année. En attendant, il me conseille de soutenir l’articulation lors du travail et de ne pas lésiner sur les bandes de repos dès qu’on augmentera la cadence.

Va falloir que j’apprenne à poser des bandes de repos… car jusque là, j’étais plutôt argile… oups !

 Borréliose de Lyme - Horse-ConnectVous voyez la différence entre les deux boulets ?

 

Inflammation articulaire … notez bien cette notion dans un coin de votre tête !

Mais comment on passe d’un vaccin… à Lyme ?

Tout simplement… par un bilan sanguin et un vétérinaire qui au fond de lui-même a un petit doute : chevaux au pré une grande partie de l’année, inflammation articulaire, zone géographique à risque. A la question « avez-vous enlever des tiques à votre jument ? », la réponse est oui. Durant l’été, j’ai du lui en enlever 5 maximum. Le vétérinaire me propose donc de faire une sérologie et une recherche de Lyme et là, asseyez-vous…. quelques heures après la prise de sang, le verdict tombe : ma Morue est positive à la Borréliose de Lyme et pas dans n’importe quelle proportion : elle a la dose, c’est le moins que l’on puisse dire. Les bras m’en tombent et une question me vient immédiatement en tête :

Comment un cheval autant en état peut-il est atteint par la maladie de Lyme ?

Et là, chers passionnés, c’est là que le bas blesse ! Les symptômes… il n’y en n’a pas un, ni deux… non il y en a toute une palanqué et certains d’entre-eux, vous n’auriez-même pas l’idée de les relier à cette maladie.

Les symptômes de Lyme les plus connus chez les chevaux :

En tant que cavaliers, vous avez certainement pu lire que lorsque l’on parle de Lyme, on évoque deux principaux symptômes :

  • le manque d’énergie : on a littéralement un cheval… à plat
  • une perte d’appétit : le cheval ne mange plus sa ration avec envie … voire il l’a boude complètement.

Mais ce n’est pas tout…

Lorsque la phase secondaire (ou phase précoce disséminée) débute, certains troublent chez le cheval peuvent apparaitre :

Les atteintes rhumatologiques :

Selon le Dr LAMOURAUX, « Les manifestations articulaires sont les plus fréquentes et les plus caractéristiques de cette borréliose »

Les chevaux atteints présentent une boiterie chronique intermittente pouvant affecter un ou plusieurs membres de façon concomitante ou successive. Dans ces cas particulièrement aigus, le cheval peut refuser de se déplacer et même de se lever. La palpation des articulations révèle une douleur, une chaleur et un gonflement important associé très fréquemment à un oedème du membre dans son ensemble. Une crépitation est parfois audible à la manipulation en flexion du membre (64). Les grosses articulations comme le carpe et le jarret sont le plus souvent atteintes. En l’absence de traitement approprié, ces arthrites estropiantes peuvent durer plusieurs mois, entrecoupés de périodes de rémission. »

Vous vous souvenez, en début de cet article, je vous parlais d’une inflammation articulaire du boulet …. vous faites le lien ?

Les manifestations neurologiques :

Selon le Dr LAMOURAUX, « Les signes neurologiques associés à B. burgdorferi sont ceux d’une encéphalite et/ou d’une méningite avec dépression, dysphagie, changement de comportement (agressivité ou irritabilité), inclinaison de la tête et paralysie faciale. »

Les manifestations oculaires :

Selon le Dr LAMOURAUX, « La bactérie B. burgdorferi est susceptible de provoquer le développement d’une uvéite, de façon récurrente probable comme c’est le cas pour les leptospiroses ».

Les manifestations cardiaques :

Selon le Dr LAMOURAUX, « Une seule description fait état d’un trouble cardiaque, un souffle systolique de grade II, audible à gauche, associé à une infection par B. burgdorferi ».

Oui, vous avez bien : la maladie de Lyme peut toucher la vue, le cœur, l’appareil locomoteur et le système nerveux.

 

Si Lyme n’est pas connue comme étant une maladie mortelle chez le chevaux, elle peut quand même être sacrément handicapante et peut mettre à mal toute carrières loisirs/sportives si elle n’est pas traitée à temps.

 

Janvier 2018 : comment va Mini-Morue ?

La chance de Mini-Morue, c’est d’avoir été en « bonne forme » au début du traitement. Pendant 6 jours consécutifs, son vétérinaire est venu lui faire une injection d’antibiotiques par intra-veineuse. C’était notre petit rendez-vous matinal. Heureusement, la jument est plutôt très bonne pâte donc les injections sont passées comme une lettre à la poste.

Excepté un tout petit œdème suite aux injections, Mini-Morue a très bien supporté le traitement et n’a pas montré de fatigue extrême comme c’est souvent le cas. Et devinez quoi ? 24 h après la première injection, son boulet de l’antérieur droit avait complètement dégonflé ! Un truc de malade (oui, j’ose cette petite familiarité !) Aujourd’hui, nous sommes à traitement + 1 mois et le boulet n’a plus bougé… il est toujours net et bien dessiné.

Borréliose de Lyme - Horse-ConnectVous voyez ce petit œil qui me dit « magne-toi avec ta photo, je veux rentrer moi ! #MiniMorueIsBack

Lyme, en conclusion !

Vous l’aurez compris, Lyme, c’est une sacré m****. Lorsque l’on est propriétaire d’un équidé, on se doit d’apporter une attention particulière aux moindres signes… encore faut-il les déceler. Pour ma part, j’ai commis l’erreur de me dire « l’inflammation du boulet, ce n’est pas très grave. Aucune boiterie, un boulet qui se dessine dès que la circulation sanguine est activée ». Non.

Ce que j’ai appris de cette expérience (encore une !), c’est que le moindre signe doit vous alerter. Alors okay, on n’appelle pas le véto en urgence… mais on ne se dit pas « ohhh c’est normal, c’est son pied fourbu, il est un peu fragilisé ! » Non. Et on se note dans un coin de la tête que la boiterie n’est pas le seule signe extérieur à prendre en compte.

A tous les cavaliers dont les chevaux vivent ou vont régulièrement en extérieur : n’hésitez pas à faire un bilan sanguin et à demander une recherche de Lyme au moindre signe (mauvaise récupération physique, baisse des performances …) – plus elle est prise tôt, meilleure son les chances de récupération !

Pour en savoir plus sur la Borreliose de Lyme chez le cheval, je vous invite à lire la thèse soutenue par le Dr LAMOURAUX !

2 commentaires sur “Mon cheval à la Borréliose de Lyme !

  1. Thébaine

    Gros sujet Lyme… Bonne idée d’en avoir fait ce témoignage qui peut faire réfléchir un peu les cavaliers. J’ai détecté Lyme également sur ma jument fin 2016, suite à un coup de mou – inhabituel de sa part + une boiterie intermittente. J’ai fait beaucoup de recherches également, et j’ai appris notamment que les foyers de Lyme ont pas mal explosés ces dernières années. Il n’y a pas qu’aux chevaux qu’il faut faire attention… ça touche les humains et les conséquences peuvent être dramatiques.

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  2. FRANCOISE EVEN

    mon cheval a été euthanasié le 25 nov après avoir eu un problème cardiaque irréversible ! pendant ce temps à la clinique vétérinaire il a eu un prélèvement de sang qui a révélé la maladie de Lyme mais malheureusement mon cheval était parti !!

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