Endurance

Mini-Morue et Moi à la Plage !

Nous y avons pensé pendant des mois. Nous en avons rêvé. Nous avons organisé le voyage du mieux que l’on pouvait. Ca y est, nous avons réalisé le rêve de beaucoup de cavaliers : découvrir le plaisir de la plage… à cheval !

Je ne vous ferai pas une fiche technique de cette formidable expérience : les blogs équestres regorgent d’articles traitant du sujet, sur ce qu’il faut faire… et sur ce qu’il ne faut pas faire. Non, je vais simplement partager avec vous quelques moments de notre séjour qui m’ont particulièrement marqué… en bien… ou en moins bien 🙂

  • Le départ : ca y est, nous sommes prêts : le coffre de la bagnole est full de chez full entre notre valise et surtout… toutes les affaires de Mini-Morue. Bah oui, Madame avait 1 tapis par jour, son orge aplatie, ses grains « endurance » et son « Mash »… sans compter la selle, la couverture imperméable (elle allait vivre au pré H24…) et j’en passe. A cela vous rajoutez un porte vélo avec 2 vélos dessus et un van chargé et vous obtenez le convoi exceptionnel de la team « Horse-Connect » s’en va à la mer ! Plage de Sangatte, nous sommes prêts !
  • La découverte de l’Hôtel Particulier de Madame alias, un pré E-NOR-ME avec vue sur la mer ! Quand j’ai réservé dans dans l’écurie d’accueil, d’emblée j’avais opté pour une mise au pré histoire de lui offrir de vraies vacances et qu’elle profite à fond de l’air marin. A peine arrivée, Xavier (le propriétaire des lieux) nous montre le pré qui allait devenir le temps d’une semaine son lieu de vie. Comment vous dire ? Ma première réaction fut de lui dire « Mon Dieu, mais nous allons la perdre ! » et la seconde fut « Mon Dieu, mais elle ne voudra plus jamais rentrer à la maison ! »  C’est bien simple, le pré était tellement immense que nous mettions environ 15 minutes tous les matins à aller la récupérer … au fin fond du pré !

Mini-Morue au pré - Horse-Connect

 

Mini-Morue dans son Hôtel Particulier de Sangatte-Plage

 

Mini-Morue - Horse-Connect

  Mini-Morue qui accepte un câlin… ça doit être l’air marin !

  • Les premiers pas sur la plage : néophytes en la matière, nous avons choisi la prudence : filet et longue longe pour Madame… chaussures coquées pour Monsieur. Je me souviendrais longtemps de ses yeux quand elle aperçu la plage. L’encolure haute, les yeux grands ouverts. Une vraie gravure de mode ! Un premier pas un peu hésitant sur le sable… puis direction le bord de mer en toute quiétude… comme si elle ressentait immédiatement les biens faits de l’air marin. Moi qui pensais qu’on allait avoir de la Grande Mini-Morue… et bien pas du tout : tout à été fait dans le calme et la décontraction absolue.

Premiers pas sur le sable - Horse-Connect

Ohhh mais je me vois ^^

  • Le premier bain d’eau de mer : A notre plus grande surprise, une fois sur la plage, Mini-Morue s’est parfaitement bien comportée. C’est Hervé, mon Mari, qui a eu le droit à l’étape de désensibilisation. Approche du bord de mer, un premier pied dans l’eau, un deuxième… et enfin, de l’eau au-dessus des genoux. De cet épisode, je me souviendrais d’une seule chose : le fait que je me sois posée la question de qui du cheval ou du mari s’éclatait le plus. L’un avec le sourire jusqu’aux oreilles, trop fière de sa Mini-Morue et l’autre, qui fermait les yeux de bonheur en mâchouillant son mors, se laissant masser les membres par le mouvement de l’eau.

Premiers pas dans la mer - Horse-Connect

 Pas impressionnée pour un centime la Mini-Morue !

Premier bain dans la mer - Horse-Connect

Pur moment de bonheur pour le cavalier… et sa monture !

  • Le premier galop : lundi matin, premier jour de notre séjour. La plage me tend le bras…. et tend les membres de Mini-Morue. Je décide de la lâcher pour qu’elle se fasse plaisir. Je sentais depuis quelques temps qu’elle en avait besoin. Un cheval, et en particulier un PS a besoin de galoper. C’est viscéral et excellent pour leur moral… à condition que ça soit maitrisé… et ce fut le cas. Beaucoup de plaisir, un cheval presque parfaitement à l’écoute. Bref, un super moment ! Malheureusement, tous les galops n’allaient pas se passer de la même façon 🙁

 

Premier galop sur la plage - Horse-Connect

Coucou, c’est nous !

  • Une remise aux ordres s’impose ! Après ce premier galop plein de bonnes sensations, je me disais que nous avions vraiment progressé. J’abordais donc le prochain galop très sereinement. Comme nous étions sur une plage, nos sorties étaient toujours composées d’un aller et d’un retour. Les allers se passaient toujours merveilleusement bien. Un cheval au petit galop (environ 18 km/h), rênes semi-longues, oreilles en avant. Bref, j’avais l’impression de pouvoir faire des kilomètres comme ça, sans rien bouger, avec un cheval dans le rythme. Cependant, lorsque nous arrivions à notre point d’arrivée, il s’agissait de faire demi-tour. Et c’est là que le bas blesse. Dès que Mini-Morue sentait que nous allions faire demi-tour… c’était branle-bas de combat. Un cheval qui se raidit, qui chauffe sur place… J’ai essayé de galoper. Je me suis fais prendre la main d’une telle façon que même avec son mors espagnol (mors que nous utilisons habituellement rênes longues en entrainement ou en course), j’ai éprouvé beaucoup de difficultés à la reprendre. Une fois ralentit, elle n’a rien trouvé de mieux que d’essayer de m’impressionner en se levant et en faisant un mouvement de toupie. En 3 ans, je n’ai jamais, jamais, jamais eu le droit à ce comportement même pendant sa crise d’adolescence à 6 ans. Il y a quelques années, je serais immédiatement descendue et rentrée à pied, tremblante comme une feuille. Là, notre couple allait fêter ses 3 ans… 3 ans que nous nous côtoyons tous les jours ou presque, 3 ans que nous faisons ensemble des escapades rênes longues dans les Vosges, 3 ans qu’elle m’apprend à monter à cheval…et que j’essaye de lui donner confiance en elle… 3 ans qu’à chaque course d’endurance, elle et moi on s’encourage mutuellement et qu’on donne le meilleur de nous-même. Il etait donc tout simplement inconcevable pour moi qu’elle pense que oui, elle allait prendre le dessus sur la situation. Je me suis fâchée. Je me suis fâchée assez fort et je n’en suis pas fière du tout. De retour à l’écurie, j’en ai même pleuré. Mais je pars du principe que c’est MOI qui décide et certainement pas elle. Au final, après un bon moment de discussion houleuse entre elle et moi… nous avons réussi à rejoindre à peu près calmement notre écurie, très éprouvée toutes les deux. Elle, complètement vidée physiquement (je n’ai rien lâché…) et moi, vidée physiquement et psychologiquement. Car oui, je n’ai ni peur, ni honte de l’écrire : je me suis fait peur avec elle ! Quand votre cheval est lancé à plus de 55 km/h (merci à ma montre GPS), mors entre les dents, sur une ligne droite et que vous sentez que ça ne répond plus… vous priez intérieurement pour qu’il ne fasse aucun écart et qu’il se fatigue pour ralentir de façon naturelle. Sur le coup, ça n’a pas été le cas. Je me suis longtemps demandée pourquoi, alors que le galop « aller » se passait tout en décontraction, le galop du retour était aussi difficile à gérer. Certaines personnes ayant plus d’expérience que moi m’ont apporté des chemins de réponse intéressantes que j’essayerai de mettre en application lors d’un prochain séjour. Au final, après cette expérience douloureuse, nous nous contentions de galoper à l’aller, très tranquillement, tout en rythme et en détente… et de revenir tranquillement au pas. Pas évident, pas simple… je devais régulièrement la reprendre sous peine de partir au trot voire au galop… mais au moins, nous revenions calmement et sans stress.
  • Les séances « thalasso » avec l’Homme Grenouille alias Hervé ! Hé oui, stop au jean mouillé… bonjour la combinaison de surf ! Tous les soirs, chaque cheval de la fine équipe (Mini-Morue, Iva Chaton et MusMus) avait le droit à son petit bain et à quelques exercices à pied. Un grand bonheur pour les cavaliers et un grand bien-être pour nos montures.

Mini-Morue au travail en main 2 - Horse-Connect

Qui a dit que plage rimait avec farniente ?

Mini-Morue au travail en main - Horse-Connect

Y’a pire comme situation non ?

  • Les séances papotage avec mes copines alsaciennes : parce que l’équitation c’est aussi un moment de partage, nous avons eu de nombreuses discussions, remises en question et autres fou-rire. De magnifiques moments de complicité qui font du bien à l’âme et au coeur. Merci Marine, merci Camille ! Et merci à mon Homme sans qui, tout ça ne serait pas possible <3

Sophie et Mini-Morue - Horse-Connect

Sophie et sa fidèle monture, Mini-Morue alias Formule 1 Reine des Sables

Marine et Iva Chaton - Horse-Connect

Marine et Iva-Chaton, le roi des Appuyés !

Camille et MusMus - Horse-Connect

Camille et MusMus, le seul cheval de cette planète à essayer de boire de l’eau de mer !

Les 3 drôles de Dames - Horse-Connect

Les 3 Drôles de Dames au Garde à Vous sur la plage de Sangatte !

Au final, cette première fois à la plage de Sangatte fut une superbe expérience humaine et sportive. Humaine car nous avons pu partager entre nous de magnifiques moments que ce soit à cheval ou à l’écurie. Vous savez, les discussions où vous refaites le monde assises dans la paille ? Les galops pendant lesquels nous lâchions les rênes de bonheur. Sportive… parce que non seulement montures et cavaliers n’ont pas chômé… mais surtout parce que j’ai découvert un pan de ma jument que je ne connaissais pas. A 8 ans, elle me teste encore (oui, je l’avoue… je pensais que c’était terminé) et que surtout, Madame a encore de la ressource quand on pense que c’est terminé. Je ne manquerai pas de m’en souvenir pour la prochaine course… ^^

4 commentaires sur “Mini-Morue et Moi à la Plage !

  1. Soon a Horse

    Vous avez vécue une belle expérience ! Pour le galop plein pot, j’ai vécue pareil la première fois, mais je l’ai laissé galoper comme un fou, ça l’amusait (autant que moi même si je ne contrôlais rien) et au final, il a fini par repasser au petit galop une fois fatigué.. pour repartir de plus belle ! 🙂 Mais bon, on fini toujours par réussir à s’arrêter !

    Bisous et bon retour de Thalasso !!!

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    • Sophie Auteur de l'article

      Merci beaucoup Cyrielle pour ton commentaire et pour ton témoignage ! Y aller à fond ne me dérange pas plus que ça à partir du moment où quand je dis on « reprend », la pression retombe. Or sur les galops du retour, la pression ne retombait pas… bien au contraire. Ce qui m’a vraiment dérangé, c’est qu’elle se permette d’essayer allant jusqu’à se mettre debout. Mais bon… nous allons dépasser cette difficulté et sans aucun doute, nous y retournerons ! Gros bisous !

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  2. Anne BERARD

    J’adore vos commentaires et votre histoire avec Minie morue, je m’y retrouve franchement! Ma pur sang arabe avait 13 ans quand nous sommes allées pour la première fois à la plage des Saintes maries de la mer (13)…J’ai senti et vu dans ses yeux « ça y est, on peut y aller!! » s’en est suivi un galop d’anthologie, 18 kms (jument qui faisait de l’endurance qualifiée 60 kms) elle accélerait , et ralentissait toute seule, jamais nous n’étions allées aussi vite! Après, je reconnais que l’arabe est moins rapide et moins puissant que le pur sang anglais, mais tout de même, 45 km/h de pointe de vitesse…Bref, un des plus beaux souvenirs de ma vie équestre…Bientôt, je vais y retourner avec ma nouvelle jument de 5 ans, pour la première fois…

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    • Sophie Auteur de l'article

      Bonjour Anne ! C’est super que vous l’ayez vécu ainsi !
      Moi, sur ce coup là, je me suis faite drôlement peur car je n’avais plus aucun contrôle.
      Nous avons énormément travaillé la soumission et maintenant, en course, j’arrive à galoper quasiment rênes longues sur la plage.
      La plage est un superbe endroit pour s’entrainer ! Si tout va bien, je vais y retourner dans quelques semaines… mais nous, nous allons sur les plages normandes/bretonnes !
      Bien à vous et au plaisir d’échanger avec vous sur l’endurance 🙂 🙂
      Sophie

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