Endurance

Reprise du travail du cheval d’endurance

Toc toc toc ! L’heure est venue pour Mini-Morue et moi de reprendre tout doucement le chemin du travail. Alors je vous passe le fait que de la retrouver soit juste du bonheur en barre. Elle est parfaite, c’est normal, c’est ma jument 🙂 Bon, passé ce passage gnan-gnan, une vraie thématique se pose : la reprise du travail du cheval d’endurance. Maintenant qu’on a l’aval du véto, on commence par quoi précisément ?

La reprise du travail du cheval d’endurance se fait, comme pour l’ensemble des autres disciplines, à la fois sur le physique et sur le mental. Souvenez-vous il y a un an : Mini-Morue avait eu une bleime qui nous avait pourri la vie pendant près de 3 mois. Lors de la reprise du travail, j’avais partagé avec vous mes désillusions : la reprise était compliquée pour toutes les deux. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts et j’ai revu ma façon d’appréhender la situation.

La reprise du travail du cheval d’endurance en 4 étapes :

Etape 1 : On remonte dessus !

C’est tout bête, mais après 5 mois d’arrêt, je me suis demandée comment ça allait se passer. A vrai dire, quand je la voyais s’éclater au pré j’avais une grosse appréhension. Alors avec l’accord du véto, on a mis 3 cuillères à café de Calmivet dans la ration et 3 heures plus tard… j’étais sur son dos ! Elle comme moi étions un brin stressées. Elle, à l’idée de quitter l’écurie et les copains et moi… à l’idée de remonter une PS après 5 mois d’arrêt et direct en balade. Une fois dessus, j’ai respiré un grand coup et je me suis dis à moi-même : « Si elle sent que tout est normal, elle n’aura pas à s’inquiéter ». Et c’est ce que j’ai fait. Je me suis remémorée les centaines de kilomètres parcourus ensemble et je lui ai dis « Allez Moricette, on y retourne ». Vous savez quoi ? Bah elle a été formidable. On a marché tranquille au pas rênes longues pendant 30 minutes et j’ai eu le sentiment de ne l’avoir jamais arrêté. Bon, je vous épargne son gros bidou qui fait « bloum » à chaque pas et son souffle un peu fort dans les montées. Je vous épargne également mes courbatures aux cuisses. Oui, 30 minutes de pas et je ne sentais plus mes cuisses. Moi, tendue ? Non, ceci n’est qu’ apparence 🙂

Etape 2 : on remet la machine en route

Après 5 mois de repos, il est important de reprendre progressivement à la fois pour le confort physique… et pour le moral. Le moral est très important pour la suite des évènements. Comme dans toutes performances sportives, la progression se fait dans la douleur. C’est moche, mais c’est comme ça. Pour progresser il faut repousser les limites du corps et de la tête. C’est dur pour vous ? Soyez-en sûr … c’est aussi dur pour lui !  Vous êtes courbaturé ? Lui aussi. Pour progresser, il faut que le cheval tienne la distance.

Il est donc primordial de relancer la machine de façon graduelle et progressive en suivant un modèle défini : d’abord on se concentre sur la tête (le cheval se remet au travail et accepte son cavalier) et par la suite, on se dirige vers la remise en forme :

  • le mental :  à ce stade, il est important de redéfinir la notion de « travail » tout en apportant un contexte confortable. Comment cela peut se traduire ? Tout simplement par des ordres clairs (on ne bouge pas au montoir, on ne fait pas des zig-zag sur le chemin, on respecte les arrêts demandés), des temps de travail courts et bien entendu, des signes d’encouragement.

 

  • le physique : après des mois d’arrêt, le cheval a perdu sa condition physique. On observe généralement un relâchement du tonus musculaire, un surpoids pondéral ainsi qu’un manque de souffle. Avec tout ça, il est également très important de prendre en compte ce que l’on ne voit pas : les ligaments et les tendons. Pour les réhabituer, on n’hésite à multiplier les sorties tranquilles : 30 min, 45 min, 1h, 1h15 et à chaque fois, on regarde comment le cheval récupère.

Etape 3 : le travail de fond

La reprise du travail du cheval d’endurance se fait, dans un premier temps, par le travail de fond : du long mais du lent. Une fois qu’on a repris les petites sorties tranquilles et qu’on remarque que le cheval répond positivement, on peut redémarrer les sorties de fond. Le travail de fond est primordial pour réhabituer l’organisme à un effort long : le cheval va, petit à petit, retrouver ses capacités musculaires et respiratoires. Ses tendons et ligaments vont se fortifier pour pouvoir répondre aux futurs efforts demandés. Un travail de fond réglementaire, c’est 3h de pas sur du chemin roulant. Si vous avez du dénivelé, pensez à réduire les premières sorties pour ne pas écœurer le cheval ni tirer sur son physique.

Etape 4 : le travail cardio-respiratoire

Une fois que le travail de fond est posé et installé, on peut recommencer le travail cardio-respiratoire. Cette étape là est à mettre en place en fonction de plusieurs critères : le cheval, son niveau, vos objectifs et bien entendu, les terrains. Le travail du cheval d’endurance est un travail sur le long terme donc comme d’habitude, on y va progressivement et surtout, on reste à l’écoute de son cheval. De mon côté, je ne trotte pas beaucoup car les terrains du Vexin sont assez particuliers. Par contre, je profite des séances sur piste pour monter les allures sans risquer des lésions tendineuses ou ligamentaires. Après des séances sportives, veillez toujours à laisser un temps de récupération suffisant. Le sur-entrainement est tout aussi mauvais que le sous-entrainement.

 

Un ou plusieurs plans de reprise du travail du cheval d’endurance ?

A mon sens, il n’existe pas un plan de reprise du travail : à chaque cheval, son plan d’entrainement. Tous les chevaux ne sont égaux face à l’apprentissage et la gestion de l’effort. Tous les chevaux ne sont pas nés pour être champion du monde. Le cavalier doit donc apprendre à écouter et observer son cheval, comprendre comment il réagit à tel ou tel effort et savoir le situer sur une échelle de progression. Bien entendu, il est également nécessaire de modifier progressivement l’alimentation pour accompagner l’effort demandé.

Le fait d’avoir rencontré notre souci ligamentaire m’a également appris quelque chose d’important que j’avais pourtant totalement occulté : le suivi vétérinaire. J’avais pris l’habitude de la montrer à son ostéopathe avant chaque course. Oui, mais non. Aujourd’hui, j’ai compris que pour amener à bien notre couple, il faut un suivi régulier. Alors on ne parle pas d’une visite avec radio et echo sur tout le corps. Non, on parle simplement d’une visite de suivi, d’une visite qui permette de dire si le cheval est apte ou pas à courir dans les jours à venir. Une boiterie, pour l’œil amateur, ne se voit pas toujours. Je persiste à dire que malheureusement, sur la jument, je n’ai pas su voir que l’ angle d’ouverture de l’articulation qui était différent de son voisin. Son véto, lui, l’aurait vu.

La reprise du travail du cheval d’endurance est quelque chose de délicat : on a souvent en tête ses dernières performances, on a envie de retrouver des sensations. Mais patience est mère de vertu. Votre cheval a été capable de vous donner le meilleur de lui-même à un moment donné. Si vous lui donnez les moyens et que vous le respectez, il sera capable de revenir à ce niveau… voire même de le dépasser.

 

img_0825

Dans notre cas, la reprise du travail commencera déjà par …. un gros pansage !

Laisser un commentaire