Travail sur le plat : quelle approche pour votre cheval ?

La mission du jour si vous l’acceptez : trouver THE bonne approche de travail sur le plat !

Cher lecteur,

Aujourd’hui, je te propose une petite réflexion concernant le travail sur le plat : nous savons tous que quelque soit le profil du cheval et notre activité, un peu de travail sur le plat ne nous fait pas de mal. Pour le cavalier, c’est l’occasion de travailler sa position, son assiette et l’indépendance des aides. Pour le cheval, on cherchera à travailler son attitude et sa mobilité. Une question s’impose : tous les chevaux sont-ils prédisposés physiquement et mentalement au travail sur le plat classique ? Je vous livre ma vision des choses avec Mini-Morue en Guest Star de Luxe.

Mini-Morue et le travail sur le plat classique : l’art de travailler sans réel but !

C’est un fait : Mini-Morue et moi sommes bien plus à l’aise en extérieur que dans une carrière. Enfin, soyons plus juste : nous sommes dans notre zone de confort. A côté de nos traditionnelles sorties en extérieur, nous essayons avec plus ou moins d’assiduité de travailler en carrière de façon classique. Comment vous dire ? On en chie. Un pas grand chose nous retourne physiquement. Par « retourner physiquement », j’entends pas là… nous fait suer. Le travail en carrière est pour le moment un effort que nous ne maitrisons pas et qui nous demande énormément de concentration. Changer de direction tout en respirant, maintenant ma position, maintenant l’impulsion de Mini-Morue et ben moi, ça me crève. Elle, elle en transpire de la tête… c’est dire !

Mais à côté de ça, je dois avouer une chose : ce travail physique nous fait le plus grand bien. Ma grande gigue apprend à se mouvoir et gagne millimètre par millimètre de la mobilité et moi, bah j’apprends à rester à ma place sans la gêner. Bref, que du bon qui nous servira à coup sûr sur les terrains d’endurance. Mais je suis face à un problème : elle s’ennuie royalement ! Alors une séance de travail de temps en temps, ça va. On va dire qu’elle tolère. Mais quand ces séances se multiplient, elle sort toute sa panoplie de trucs et astuces pour me faire gentiment comprendre… qu’aujourd’hui, elle n’y mettra absolument pas du sien. Comment ça se traduit ? Par une sous-impulsion, par une négociation de longue haleine quand je lui demande de céder ou sa grande spécialité : allonger son encolure en mode « chameau » et sortir sa langue. Ça casse le mythe hein ? On s’appelle Moulin Rouge, on est british jusqu’au bout des sabots mais on se traine comme un veau en carrière ! Voilà le tableau 🙂

Bref, le travail classique, ça va 5 minutes mais faut pas non plus déconner. Elle me fait comprendre qu’elle veut bien se mobiliser mais il faut qu’il y est un but. Non, pour elle, optimiser ses mouvements n’est pas un but. Elle vous dira très certainement que pour aller brouter au pré, pas besoin de danser le french cancan.

Savoir s’adapter à son cheval : une nécessité !

On l’aura compris, on n’est pas près de voir Mini-Morue sur un carré de dressage. Pendant très longtemps, j’ai pourtant essayé de la faire rentrer dans un moule. A travers mon apprentissage en centre équestre et mes différentes lectures (Beaupère en passant par d’Orgeix, une tentative de Decarpentry et j’en passe), je me disais qu’il n’y avait AUCUNE raison qu’on ne maitrise pas les bases. Quand je regarde certains groupes Facebook dédiés aux chevaux réformés, je vois TOUT ces pur-sangs qui dressent avec une facilité déconcertante. Alors pourquoi pas nous ? On ne cherche pas la performance… juste le minimum syndical. Mais même ce minimum syndical ne nous correspond pas. Que faire ? Aller au combat ? Laisser tomber et faire uniquement de l’extérieur ? Franchement, y’a des jours où j’avais clairement envie de laisser tomber et de partir « casque au vent » dans la pampa. Mais non. On n’abandonne jamais… par contre on s’adapte.

La découverte du « classtern » : un travail sur le plat mi-classique / mi-western (oui, oui !)

Dans ma vie équestre, j’ai la chance d’avoir rencontré une personne connaissant à la fois l’approche classique et l’approche… américaine. What ? Mini-Morue, c’te grande cigogne au milieu des Quaters ?

Avez-vous remarqué que Mini-Morue n’est JAMAIS où on l’attend (cf. l’endurance et ses chevaux arabes).

Bref, nous voyant galérer, et de discussions en discussions, elle m’a fait remarquer que Mini-Morue n’était pas le « type » de cheval à faire du travail sur le plat classique. Physiquement, c’était compliqué mais c’est surtout mentalement que ça pêchait. Un cheval qui s’ennuie, qui a des difficultés de concentration et qui a tendance à s’énerver rapidement par pure contrariété. Ok, mais alors on fait quoi ? Elle m’a donc proposé de nous initier à une approche totalement inconnue au bataillon : le classtern – un mélange d’équitation classique et d’équitation américaine.

L’équitation américaine est avant tout une équitation de travail. L’objectif est donc d’avoir un cheval totalement avec son cavalier et ce, en toute mobilité et légèreté. Alors attention, qu’on soit bien d’accord : on ne cherche pas la performance mais simplement, l’intérêt et l’attention du cheval dans les différents exercices. On ne lasse pas le cheval, on lui fait découvrir de nouvelles choses et surtout, on demande de façon plus brève pour rendre beaucoup plus rapidement. Et ben vous savez quoi ? Il semblerait que ce type de travail sur le plat soit apprécié par Mini-Morue ! Nous travaillons les flexions, les « pivots », les arrêts, les reculés et, en fonction des jours (enfin surtout de la qualité de ma demande), la jument est de mieux en mieux.

Travail sur le plat en classtern - Horse-ConnectJuin 2017 – Copyright Vexin Westen Farm

Travail sur le plat en classtern - Horse-ConnectJuin 2017 – Copyright Vexin Westen Farm

Notre évolution grâce au « classtern »

Nous avons commencé ce type de travail sur le plat il y a deux mois environ et elle est vraiment belle physiquement. Elle qui avait tendance à avoir un dos faible, je peux aujourd’hui passer sans souci un couteau de chaleur sans la voir se creuser. Nous pouvons également enquiller deux demi-journées de stage intenses avec un cheval qui ne bouge pas physiquement. Ça, pour moi, c’est une sacré amélioration !

Pour ma part, j’ai encore une grosse tendance à bricoler avec mes mains, à manquer de synchronisation dans mes demandes et surtout, à vouloir précipiter les choses. Alors des fois, Mini-Morue est conciliante et me passe mes erreurs. On recommence et au final, on arrive à peu près au résultat attendu. D’autres fois, elle se met en mode « cocotte minute » et ne me passe aucune erreur de main (notamment). Bon, comme je dis toujours : on progresse doucement mais surement.

A tous les cavaliers qui ne trouvent pas leur place dans l’équitation classique, celle que l’on tente d’apprendre dans la majorité des centres équestres, je vous invite à aller explorer l’équitation de travail. Peu importe qu’elle soit Western ou Doma Vaquera, vous trouverez certainement l’approche beaucoup plus concrète et pratique… ce qui ne devrait pas déplaire à votre cheval !

2 commentaires sur “Travail sur le plat : quelle approche pour votre cheval ?

  1. equiteamperformance

    L’homme de ma vie (comprendre Lorenzo de Luca (je t’aime Lorenzoooo)) disait justement qu’un bon cavalier a certes une « méthode » mais qu’il est capable de s’adapter à chacune de ses montures, & c’est ça qui fait la différence entre un cavalier lambda et un bon cavalier.

    Par exemple, Titoune je ne dois surtout pas garder mes doigts fermés et trop fixes sinon elle se durcit, au contraire Brunette a besoin que je sois très fixe ET QUE JE FERME MA BOUCHE. Je n’ai même pas le droit de dire un « c’est bien », c’est pour dire ! & plus que le mental, il faut s’adapter au physique ! Je ne peux pas me permettre de demander à Brunette des attitudes similaires à celle de Titoune, ou des courbes ou des exercices similaires pour le moment, Titoune étant un cube compact et Brunette une presque limo avec un rein long !

    & avec la ribambelle de chevaux que j’ai eu à travailler, même ceux que j’ai débourré moi-même ont tous été très différents !

    Répondre

Laisser un commentaire