Evènements Equestres

Tri du Bétail au Jag Ranch

Dimanche dernier, avec Mini-Morue et son pote Topper, nous avons à nouveau troqué notre matériel d’endurance pour un stage d’équitation western et plus particulièrement, de tri du bétail au sein du Jag Ranch (76). Contrairement à ma première fois, le stage était encadré par un professionnel du milieu : Didier Dubrui. L’objectif de ces deux jours n’était pas de courir après un troupeau mais bien de comprendre la stratégie qui se cache derrière un tri de bétail bien fait.

Chaussez vos bottes, mettez le Stetson… je vous embarque dans mon week-end !

Direction le Jag Ranch !

Le Jag Ranch est un élevage de Paint Horses et Quarter Horses « Fondation » situé à Ardouval en Seine-Maritime. Spécialisé notamment dans les chevaux de « ranch », ils ont organisé un stage de ranch sorting en invitant Didier Dubrui, un spécialiste du travail de ranch puisqu’il a vécu aux USA et qu’il a exercé le métier de Cow-Boy en Arizona. Oui, rien que ça !

 

Tri du bétail Didier Dubrui - Horse-Connect

Source : Newestern

Mais qu’est-ce Mini-Morue et moi allons faire à ce genre de stage ? Et ben je vous le donne dans le mille : on s’ouvre l’esprit, on découvre une autre façon d’appréhender le cheval et surtout… on se mobilise physiquement !

1ère étape : la théorie !

Lors du stage avec Didier Dubrui, la théorie a tenu une place importante : avant de passer à l’action, il était nécessaire de rappeler plusieurs points :

  • trier du bétail n’est pas un jeu, il y a un vrai risque. Vous pensez que les vaches sont inoffensives, raides et lentes ? Détrompez-vous, c’est totalement l’inverse.
  • le tri du bétail est un travail de groupe. On se regarde, on se parle et surtout, on s’écoute.
  • le tri du bétail se fait sous forme de « V » : ailier droit, ailier gauche et pousseur. Il est très important de définir en amont le poste occupé et surtout, le conserver (et ça, je peux vous dire que ce n’est pas évident du tout !)
  • le tri du bétail se fait… avec du bétail. Regardez-le, observez-le car le troupeau vous transmet beaucoup d’informations… encore faut-il savoir les lire.

Tri du bétail - Stratégie en "V" - Horse-ConnectStratégie du « V » – Copyright Didier Dubrui

2ème étape : on évalue la mobilité du cheval sur le plat !

Ce week-end, j’ai compris une chose : le travail du bétail ne se fait pas n’importe comment. Les mouvements travaillés en carrière vont devoir être reproduits dans la pâture afin d’optimiser chaque déplacement du cheval. Comprenez par ici : on ne tourne pas en paquebot mais on fait un « rollback », on ne s’arrête pas pendant 5 minutes la tronche en l’air et surtout quand on dit « on recule »… on recule pour de vrai et on ne traine pas les sabots.

Vous savez à quel point le travail sur le plat est notre fort (mode ironique activé). Et ben pourtant, Mini-Morue m’a épaté. Nous étions 7 couples avec des niveaux et des approches de l’équitation bien différentes. Mini-Morue a vraiment donné du sien pour réussir les exercices (flexions, rollback, arrêt, reculé). Pour nous, aucune surprise c’est exactement les bases que nous avions travaillé à la maison – clin d’œil –

Alors bien sûr, elle n’a pas le physique et la mobilité du Quarter Horse mais globalement, avec notre niveau d’entrainement, nous n’avons pas eu à rougir.

roll-back

Image d’illustration – Copyright Richard Beal

Une fois l’ensemble des figures de base appréhendées, nous sommes passés à un exercice que j’ai adoré : le pro-cutter. Le pro-cutter, c’est tout simplement un système de câble tendus sur lequel est fixé… une vache en plastique. Le but de ce dispositif est d’apprendre au cheval à se synchroniser aux mouvements de la vache :

  • quand la vache avance, on avance;
  • quand la vache recule, on recule;
  • quand la vache avance, s’arrête et recule pour faire demi-tour, on fait un « rollback »;

Bien entendu, l’objectif est d’enchainer ces différents mouvements avec la plus grande fluidité possible !

Copyright Georges Gaillard

Comme ça, me direz-vous, rien d’impressionnant. Et ben croyez-moi quand vous passez à côté et que tout d’un coup, cette vache se met en action… plus d’un cheval a sauté des 4 fers en l’air par surprise. A votre avis, comment ont réagit les nôtres ? Je vous le donne dans le mille : Mini-Morue a sursauté (gentiment) des 4 membres et son pote Topper a été tout simplement hypnotisé par la machine. C’est vraiment dommage que nous n’avions pas nos téléphones sur nous car encore aujourd’hui, on pleure de rire en se souvenant de leurs têtes 🙂

 

3ème étape : le travail du bétail !

Lors de mon premier essai, j’avais eu l’occasion de travailler dans une carrière avec une quinzaine de vaches ayant un instinct grégaire développé. Cette information est importante car cela signifie que globalement, le troupeau va rester soudé. Cette fois-ci, le travail allait se corser d’un cran car :

  1. la carrière a été remplacé par une pâture de 4 hectares;
  2. le troupeau n’était pas soudé;

Peu importe, nous sommes là pour apprendre ! Mini-Morue est de bonne humeur, je la trouve particulièrement appliquée. Elle a pris confiance en l’exercice car l’approche du troupeau est plus facile que la première fois. Par contre, moi, je galère ! Vous savez, je vous disais en début d’article qu’un troupeau de vaches se bouge en « V » (ailier droit, ailier gauche et pousseur). Ouai, bouger sur une surface plane tout en conservant son poste et ben je peux vous dire que ce n’est pas évident du tout ! Je me suis rappelée que j’avais quelques difficultés pour me situer dans l’espace… ça n’a pas loupé !

Autre difficulté rencontrée : faire la différence entre la « tension » et la « pression » auprès de la vache. Mettre de la « tension » signifie la mettre en mouvement tout en restant à une certaine distance. Par contre, mettre la « pression » signifie s’approcher de l’animal. En fonction de la configuration et de l’objectif il faut choisir entre l’un et l’autre. Mais ma Bonne Dame, à partir de quelle distance on décide qu’il faut simplement mettre en mouvement ? C’est la question que je vous pose ! Au final, le travail avec le bétail demande tout autant de finesse et de légèreté qu’un travail classique. Pourquoi ? Parce qu’un geste de travers, une pression en trop et hop, vous avez perdu votre vache. C’est aussi simple que ça et c’est ce qui fait en parti la difficulté de l’exercice.

 

Alors ce stage, on en a pensé quoi ?

De ce stage, j’attendais surtout des éléments techniques pour comprendre comment fonctionne un tri du bétail. J’avais déjà pu expérimenter le tri du bétail façon « yalahhh » (genre on y va et on réfléchit pendant … ou après). Bref, on fait un peu les fou-fou et on s’amuse. Là, l’approche était totalement différente : on se pose, on réfléchit, on met en place une stratégie d’approche et ENSUITE on agit.

Le tri du bétail est au final un super exercice pour travailler la mobilité du cheval sans pour autant avoir l’impression de tourner en rond dans une carrière. Au final, ce fut un super week-end avec un savant mélange de bonne humeur et d’apprentissage. Je crois que les cavaliers étaient plus fatigués que les chevaux car l’exercice demande quand même pas mal de concentration et de réflexion.

Merci aux organisateurs de faire bouger le milieu du western et de le rendre accessible aux « classiques ». Merci à Didier Dubrui pour les conseils personnalisés. Et bien sûr, un énorme merci à la personne qui me fait partager sa passion et ses barres de rire. Comme d’habitude, elle lira cet article en sous-marin 😉

 

Pour finir, je vous propose de découvrir 2 vidéos qui vous permettront d’admirer la finesse et l’intelligence de l’équitation western. Pourquoi « intelligence » ? Car le cheval SAIT lire les mouvements de la vache avant même que son cavalier ne lui demande quoique ce soit. Ouvrez les yeux, c’est un spectacle à part entière !

 

 

PS : vous vous demandez pourquoi Mini-Morue n’apparait pas en photo ? Et bien tout simplement… parce que je n’ai aucune photo souvenir de ce week-end… excepté moi entrain de dormir dans mon sac de couchage. On est d’accord, on s’en fout, hein ?

 

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