Evènements Equestres

Stage avec Morgan Pequillet du MP Buffalo Ranch !

Eté 2017 : ça faisait longtemps qu’on ne s’était pas fait un petit week-end stage / camping ! Alors pour ne pas perdre les bonnes habitudes, Mini-Morue et son pote Topper ont pris la direction de la Normandie et plus particulièrement du bourg de Callengeville (76). Au programme ? Deux jours de stage avec Morgan Pequillet au sein du MP Buffalo Ranch. Le lieu abrite une toute jeune structure qui a pour particularité d’être à la fois d’un centre d’entrainement pour la pratique du tri du bétail mais également, un élevage de bisons d’Amérique

Ces deux jours promettaient d’être hyper enrichissants : Morgan Pequillet a été formé en Australie et aux USA aux côtés des meilleurs : Mindy Bower, Buck Branaman, Aaron Ralston.

 

21640706_1598460316841363_2980390364955762100_oCopyright Morgan Pequillet

 

Buck Branaman - Horse-ConnectCopyright Buck Branaman

 

Mindy Bower - Horse-ConnectCopyright Mindy Bower

Aaron Ralston - Horse-ConnectCopyright Aaron Ralston

 

 

Vous voyez un peu la pointure qui nous attend ?

 

Une classique chez les western ? Et ouai !

Bon, c’est déjà la troisième fois que Mini-Morue et moi allons découvrir l’équitation de travail version US. Même si je suis encore régulièrement perdue dans l’emploi des termes techniques, je commence tout doucement à comprendre ce que l’on attend d’un couple cheval/cavalier dans ce type d’équitation. En fait, plus je m’intéresse à l’équitation western, plus je suis impressionnée par sa légèreté et sa finesse.

Avec Morgan Pequillet, nous avions défini les objectifs en amont : pour Topper, on parlait clairement de perfectionnement. Cheval et cavalière ont déjà un niveau de pratique bien avancé et maitrisent l’ensemble des manœuvres.  Par contre, pour la classique je suis (enfin que j’étais… oui je vous expliquerai)… c’était une autre histoire : dans mon cas, on a TOUT à apprendre.

Bref, comme Rome ne s’est pas construit en un jour et que la finesse est une question de tous les instants, j’étais surtout là pour travailler les bases. Et les bases, même pour une équitation de travail, c’est en carrière qu’elles se bossent !

Jour 1 : séance de plat !

Hein ? Quoi ? Mais on est pas là pour le bétail ? Ben si, mais « équitation de travail » ne veut pas dire « grand n’importe quoi ». Au programme : travail sur la position du cavalier, sa décontraction (ahaha), assouplissement du cheval mais également, « philosophie western ».

#Jevousledisyadutaff

Vous connaissez notre amour pour le travail sur le plat… et pourtant, je tire mon chapeau à la qualité de la pédagogie de Morgan Pequillet. Sa patience et sa clarté d’explication m’ont permis de mener à bien les exercices demandés. Niveau pédagogie, une chose m’a beaucoup marqué : lorsque je butais sur un exercice et sur sa façon de le demander à ma jument, l’entraineur me faisait descendre pour changer de point de vue. De plus, il m’a à plusieurs reprises fait réfléchir sur le fait d’être un bipède qui veuille faire bouger de façon précise… un quadrupède. A quoi servent les mains ? A quoi servent les jambes ? Des questions qui paraissent vraiment basiques mais qui pourtant, m’ont donné du fil à retordre.

 

On touche à rien !

Cette première séance a aussi été pour moi synonyme d’une grosse claque : ma jument est une assistée notoire et ce, par ma faute !! Glups, j’ai encore du mal à avaler ma salive rien que d’y penser ! Lors de la détente, alors que je galopais sur la piste en mode « classique » (c’est-à-dire : je tenais mes rênes), Morgan Pequillet me demanda de donner toutes les rênes à la jument. Là, le constat fut juste sans appel : Moricette se sentie dans le vide et décida donc de s’arrêter quasiment instantanément. Incompréhension des deux côtés, je lui rentra dedans sans vergogne. L’entraineur m’a repris directement : la faute ne lui revient pas… je l’ai simplement habituée à être « tenue » à chaque instant. Merde, c’est vrai. Je fais un autre test : je me remets au galop, je commence un cercle (enfin plutôt un haricot) avec mes deux rênes « classiques ». Au bout de quelques foulées, je lâche mes rênes jusqu’à la boucle. Mini-Morue patauge dans la semoule et ne sait plus que faire ni ou aller.

 

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Mayday Mayday, nous sommes perdues au milieu du Triangle des Bermudes aka… la carrière !

Bref, il y a quelques lignes, je vous parlais de « philosophie western » : nous sommes en plein dedans. Le cheval, quand il démarre une manœuvre, doit être capable de la maintenir sans intervention de son cavalier. Par exemple, un cheval sur un cercle, doit pouvoir garder son cercle (c’est à dire être dans ses traces) sans la moindre intervention du cavalier. Bim Bam Boom. On n’y est pas du tout !

Bon, je veux essayer de garder un semblant de dignité. Je me dis qu’après tout, garder un cheval sur la piste et ce, rênes longues,  c’était vraiment pas compliqué. Ouai, bah on repassera !

Autre exercice abordé pour préparer la séance du lendemain : apprendre au cheval à fixer son attention sur une « cible  » et se synchroniser dessus. Par « se synchroniser », on entend garder la distance définit en amont tout en se calant sur la vitesse de la vache. L’exercice ressemble à celui du pro-cutter sauf que là, nous avons travaillé en cercle :

  • Marche > marche
  • Arrêt > arrêt
  • Marche, arrêt, reculé > marche, arrêt, reculé
  • Marche, arrêt, reculé, roll back > Marche, arrêt, reculé, roll back

Suite à mon début de séance, j’étais HYPER concentrée car je voulais vraiment bien faire. Mini-Morue a été exemplaire et au final, nous nous sommes plutôt bien débrouillées !

Bilan de cette première séance : une jolie claque mais surtout, plein de points se sont éclaircis à mes yeux. Je suis descendue de cheval complètement lessivée / chamboulée en me répétant « c’est donc ça ». Bref, une SUPER expérience malgré les innombrables difficultés rencontrées et surtout, comme à son habitude, une jument qui a donné le meilleur d’elle-même et qui fut d’une gentillesse exemplaire malgré le waikiki tendu sur son dos.

 MP Buffalo Ranch Mini-Morue - Horse-ConnectObligée de me tenir à mon genou tellement je n’en pouvais plus 😉

capture-decran-2017-09-15-a-16-40-41Rien de mieux qu’une démonstration en directe pour mieux comprendre ce que l’on attend

oui, je suis au bout de ma vie !

Jour 2 : on va voir les vaches !

Ahhhhh ça y est ! Nous y sommes ! Après une petite détente dans la carrière en essayant de mettre en place les éléments vus lors de notre séance de la veille (j’ai déjà essayé de lâcher la bouche de ma jument….), nous sommes parties vers le parc de contention (également Cutting Pen).

Après avoir montré les vaches à nos chevaux, nous avons débuté un premier exercice de « cow working ». L’objectif était de nous tester et de voir comment se comportaient nos chevaux. Vous savez quelle est la principale difficulté que nous avons rencontré ? Et bien c’est celle de … COMMUNIQUER ! La concentration pour bien se situer dans l’espace est telle que nous avions fortement tendance à nous mettre dans une bulle et à ne pas prévenir le partenaire des manœuvres à venir.

capture-decran-2017-09-15-a-16-45-37Leitmotiv du jour : COMMUNIQUER !

capture-decran-2017-09-15-a-16-47-42Observez l’attitude de Topper ! Si ça c’est pas de la détermination et du cœur à l’ouvrage !

capture-decran-2017-09-15-a-17-05-01Au programme : pédagogie, stratégie & respect !

 

Dans un second temps, nous avons réalisé quelques cessions de cutting. Le principe est simple : vous choisissez un bovin, vous le séparez du troupeau et l’objectif est de l’empêcher de rejoindre les autres. Comment vous dire ? Ce fut un moment fantastique ! Mais quel kiff ! Pour la première fois, j’ai réussi à faire passer ma niaque à la jument. Comment ? Et bien c’est tout simple : notre coach nous a expliqué que l’intention passe par le regard. Lorsque vous avez sélectionné votre vache, et même si cette dernière est au milieu du troupeau, vous ne voyez plus qu’elle. Vous la regardez, vous la fixez. En orientant votre regard, celui de votre cheval se cale dessus.

Les premières approchent sont décisives : le cheval doit identifier l’animal… et l’animal doit savoir que c’est LUI qui vous intéresse. S’en suit un ballet entre vous et le bovin. Un ballet tout en pudeur. On s’approche, on s’observe et on s’analyse. La vache vous juge et vous, vous la jauger. Comment est-elle ? Est-elle peureuse ? A t-elle un sentiment grégaire développé ? Comment est son regard ? Vers quelle direction regarde t-elle ?

Le tri du bétail est une discipline qui demande infiniment de patience, de tact et de légèreté de la part du cavalier et de sa monture.

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Mini-Morue & Topper : 2 origines différentes… 2 approches différentes 🙂 🙂

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capture-decran-2017-09-15-a-16-56-11Version Américaine – Cheval de Ranch : Allez les filles !

On se bouge et plus vite sinon je sors les dents !

 

 

capture-decran-2017-09-15-a-16-50-31Version British – Cheval Réformé des courses « Pourriez-vous vous déplacer svp ?

Je vous en remercie ! »

Des chevaux fabuleux !

Mini-Morue a fait preuve d’écoute, de réactivité et surtout de prise d’initiative. Le résultat ne pouvait être que concluant : un cheval qui s’éclate et qui se prend carrément au jeu. Fallait la voir partir plein pot sur la cible, s’arrêter, faire un roll-back, repartir et tendre son encolure toutes oreilles baissées vers le bovin désigné. Je vous assure que sur le moment, je me suis dis « WAOUH, MAIS QUEL KIFF » !

Pour Topper, le bilan fut également excellent : de très belles manœuvres, un cheval qui met tout son cœur à l’ouvrage et qui fait preuve d’un cow sense vraiment développé. Aucun doute, le cheval est fait pour ça… et sa cavalière aussi !

 

Bon, on revient quand alors ?

Bon, je pense que vous l’aurez compris : notre stage avec Morgan Pequillet au MP Buffalo Ranch a été plus que positif. Nous sommes reparties fatiguées mais avec un sourire aux lèvres qui en disait long. Je pense qu’on peut le dire : NOUS AVONS ADORE ! Accueil, encadrement, pédagogie : LE TOP !

Un grand merci à notre entraineur Morgan Pequillet pour la qualité de la prestation notamment sa pédagogie sur-mesure. Je tiens également à le remercier d’avoir donné sa chance à un cheval non Quarter Horse et à sa cavalière en transition. Vous allez me dire « ben heureusement, tu as payé c’est un stage ». Oui mais non ! Je vous assure que ce n’est pas si courant et rien que pour ça, je lui dis un grand merci. C’est typiquement grâce à ce type de personne que les disciplines d’équitation de travail pourront se développer auprès de cavaliers dits « classiques ».

Un grand merci également à sa compagne, Elise, pour son accueil et son dévouement tout au long de notre (trop) court séjour parmi eux.

Enfin, un énorme merci à la cavalière de Topper. Elle saura pourquoi 🙂

 

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